Service de formation de la jeunesse Algérienne

Service de formation de la jeunesse Algérienne

  1. Femmes, militaires, jeunesse et éducation dans la guerre d'Algérie ...

 

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Sfja 3

SFJA 

 Pour notre part, nous étions tous très bien installés( la 434 UFO)  dans ce centre de formation de la jeunesse Algérienne de Guyotville , qui avait pourtant subit un plastiquage aussi de l’O.A.S

Ce centre de formation, à Guyotville avait sans doute était conçu pour recevoir  aussi en Algérie,  les moniteurs  formés a Issoire, pour qu’ils éduquent la Jeunesse Algérienne.

En effet, a Issoire dans le Puy de Dôme, avait été crée, une école en 1957, qui,  sous l’impulsion du Ministre résidant, et par le biais du Service de Formation de la jeunesse D’Algérie, était de former en six mois des jeunes Algériens capables, dés le retour en Algérie d’encadrer, de diriger et de conseiller Il n’était pas tenu compte des origines sociales et politiques des Jeunes Algériens. Certains, au fil des stages, de 1957 à 1961, déclaraient à leurs chefs de ce centre d’Entraînement de Moniteurs de la Jeunesse d’Algérie, avoir fait un séjour dans l’A.L.N*.

  (* Armée de Libération Nationale Algérienne)

Cette école d’Issoire avait comme devise  « - savoir pour comprendre - comprendre pour bâtir »    

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 Historia Magazine

-  Lapeyronnie     Ancien cadre du centre    D’entraînement des Moniteurs de la Jeunesse d’Algérie

«  C.E.M.J.A »   à  Issoire 63   -5000  Elèves, y furent  formés,  dont certains, venaient de  l' ALN

Il n’était pas tenu compte des origines sociales et politiques des Jeunes Algériens. Certains, au fil des stages, de 1957 à 1961, déclaraient à leurs chefs de ce centre d’Entraînement de Moniteurs de la Jeunesse d’Algérie, avoir fait un séjour dans l’A.L.N*.

  (* Armée de Libération Nationale Algérienne)

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      Or l'encadrement du SFJA comportait un général, 256 officiers supérieurs et 400 sous-lieutenants.

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Extrait de la question posée

Son personnel, engagé volontaire, était affecté, en fonction des besoins, dans une Section Administrative Spécialisée (SAS) ou Urbaine (SAU), foyer des jeunes ou centre de Formations des Jeunes en Algérie, commandés par un officier. Le SFJA est une organisation purement militaire, créée dans un contexte de guerre, dont l'armée s'est dotée comme arme essentielle pour démonter le processus révolutionnaire de terreur instauré par le FLN et l'ALN. Son financement était effectué sur le budget de l'armée. Aussi, le SFJA souhaiterait qu'un arrêté puisse être mis en place pour que cette formation puisse apparaître légitimement dans la liste des forces supplétives. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelles sont ses intentions.

Texte de la réponse  publiée au J.O le : 27/05/2014 page :  4255

Le Service de Formation des Jeunes en Algérie (SFJA) a été créé, dans le cadre du plan de Constantine, afin que les jeunes algériens, non scolarisés, âgés de 14 à 20 ans, puissent recevoir un enseignement de base comprenant notamment une éducation civique et une initiation professionnelle. Si l'armée a joué un rôle important dans l'organisation du SFJA en fournissant la majeure partie du personnel et en formant les moniteurs dans des centres militaires en métropole, ce service n'a jamais cessé d'être un organisme civil.

Or, les formations supplétives dont la liste, arrêtée en 1975, a été étendue à la catégorie des assimilés lors du vote de la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 relative aux rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie, présentent toutes un caractère d'unités combattantes ou ont participé activement aux opérations de maintien de l'ordre.

En tout état de cause, l'article 3 du décret n° 2005-477 du 17 mai 2005 pris pour application notamment de l'article 9 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, n'a fait que reprendre les formations supplétives reconnues en tant que telles depuis les débats de la loi de 1994.

Outre le fait que l'article 3 du décret du 17 mai 2005 n'est plus opérant aujourd'hui - la mesure instituée par l'article 9 de la loi précitée étant forclose depuis le 18 mai 2006 -, l'ajout par décret d'une catégorie supplémentaire de bénéficiaires ne pourrait qu'entraîner la censure du Conseil d'Etat qui doit être consulté. Il y a lieu de considérer également que le souhait du SFJA de voir prendre un simple arrêté l'incluant dans les formations supplétives conduirait à modifier l'éligibilité à une mesure législative, ce qui serait contraire au principe de légalité.

 Pour l'ensemble des motifs qui précèdent, le SFJA  ne peut figurer sur la liste des formations supplétives.

S'agissant de la situation des anciens personnels du SFJA  au regard de leurs droits éventuels à la carte du combattant au titre de la guerre d'Algérie, il convient de rappeler que toute personne ayant appartenu à ce service et qui, en raison de son action au cours de ce conflit, s'estimerait fondée à obtenir cette carte, peut, à titre individuel, demander l'étude de sa situation par la commission nationale de la carte du combattant dans le cadre de la procédure exceptionnelle prévue par l'article R. 227 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre. Cette procédure exceptionnelle est ouverte aux anciens personnels du SFJA.  

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Sfja

Guerre d

Algérie, témoignage

:

Comment réparer les dégâ

ts

?

Séminariste du diocèse de Paris à Issy-les-Moulineaux j

avais repoussé le plus possible mon

départ à l

armée en obtenant un sursis ; mais en 1958 j

ai été appelé dans la classe 58 2 A.

Nous étions 4 ou 5 séminaristes à partir ensemble et après n

ous être concertés nous étions

d

accord pour refuser de partir en Algérie, à cause de la tortur

e notamment. Cette dé

termination est parvenue aux oreilles de Mgr Feltin, archevêque d

e Paris et aumônier aux

a

rm

ées et sans même nous rencontrer il nous a fait dire que nou

s ne pourrions plus être

ordonnés prêtres, étant donné que l

objection de conscience n

était pas reconnue et que

nous serions alors mis en prison (ce qui dans le Droit Cano

n de l

époque était rédhibitoire

pour être ordonné). A nous donc de choisir ! Nous avon

s alors décidé de faire le service

militaire mais que pour être sûrs de pouvoir refuser la tortur

e nous choisirions de devenir

officiers en suivant une EOR pour pouvoir donner des ordres

justes.

Je suis donc parti pour le conseil de révision en Septembre 1

958 et j

ai été affecté pour faire

mes classes à un régiment de Rastatt en Allemagne. J

ai pu bénéficier là d

une capacité qui

me servira toute ma vie, le permis de conduire tourisme et poids

lourd. Ensuite j

ai fait l

é

cole d

EOR d

artillerie à

Ch

âlons sur Marne où élève modèle j

ai voulu sortir dans les

premiers pour pouvoir choisir mon poste non pas en Allemagn

e pour me planquer mais

directement en Algérie au SFJA (Service de Formation des Jeunes en Algéri

e).

Pendant 4 mois (à partir de Septembre 1959) j

ai construit une école de formation

professionnelle en préfabriqué à Bordj Bou Arréridj à côt

é de Sétif, avec des prisonniers algé

riens comme ouvriers sous la garde d

un gendarme qui les reconduisait en prison tous les

soirs. Ils semblaient heureux de travailler pour l

éducation des jeunes car on leur avait

expliqué ce qu

ils faisaient.

En Janvier 1960 ce fut l

ouverture de l

école pour garçons et filles de 15 à 20 ans, avec la pré

sence d

un

pr

éfet et du Général chargé du SFJA.. Sous ma responsabilité j

avais trois

moniteurs instituteurs et deux monitrices, tous algériens. Le

responsable de l

équipe é

ducative à notre première rencontre m

a dit ceci : « Si vous voulez que tout se passe bien

en

tre nous, il faut que vous souhaitiez que je devienne un meill

eur musulman comme moi je

souhaite que vous soyez un meilleur chrétien ! ». C

est ce qui s

est passé non sans quelques

problèmes. Il fallait que nous trouvions des élèves : avec l

es moniteurs et monitrices nous

avons visité les familles de cette ville de 15.000 habitants et

nous avons recruté une centaine

d

élèves garçons et filles. Ce fut plus difficile pour les f

illes à cause de la mentalité mais une

vingtaine de jeunes filles suivirent des cours de français et d

enseignement ménager. Pour

les garçons c

était un enseignement de base en français et dessin industriel,

électricité, maç

onnerie et ajustage.

Pendant les vacances j

organisai un camp au bord de la mer à côté de Bougie, sous les

pins

avec un seul inconvénient, c

étaient des singes qui venaient nous voler nos affaires ! Je n

é

tais pas armé et n

ai eu à me plaindre d

aucune attaque ou prise d

otage. Néanmoins je ré

alise maintenant que c

était quand mê

me

dangereux puisque nous donnions ainsi une

bonne image de l

armée française, ce qui pouvait nuire au FLN. J

ai même été décoré de la

croix de la valeur militaire sans avoir porté d

arme ni fait la guerre !

Après 28 mois de service j

ai été rapatrié en janvier 1961 et j

ai ainsi perdu une année de Thé

ologie qui a été en partie rattrapée par un séjour à Annemasse en

été 1961. J

ai été ordonné

pr

être en juin 1963, après m

être porté volontaire à Marseille en 1962 pour accueillir l

es

pieds-noirs obligés de rentrer en France.

Une guerre inutile a donc pris fin laissant des traces indélé

biles dans nos deux peuples. Je n

ai jamais pu retourner sur place pour voir ce qu

étai

en

t devenus cette école et les cadres

algériens qui y exerçaient. Je redoute qu

ils aient été considérés comme les harkis et aient

subi leur sort

,

mais l

éducation donné

e

à ces jeunes ne peut pas être effacée. C

est ce qui

me permet de dire que je n

ai pas perdu mon temps comme beaucoup d

autres hélas qui

sont revenus en France le c

œ

ur lourd. Mon frère Elie par exemple qui a toujours refusé d

e

dire quoi que ce soit sur son service dans l

Oranais, car nous étions deux frères sous les

drapeaux et nous avons aussi vécu un drame épouvantable dans n

otre famille. Le 1° janvier

1960

,

notre frère Daniel, 18 ans

,

s

est fait tuer par un policier à Gennevilliers. Il y eut plu

s

de 6OOO jeunes à son enterrement à Epinay-sur-Seine. C

était Monsieur Papon qui était pré

fet de police à l

époque et lors du procès qui a suivi, le policier qui a t

ué Daniel a laissé

entendre pour s

excuser qu

il l

avait pris pour un A

lg

érien

,

car les ordres de Mr Papon é

taient de considérer les A

lg

ériens comme des ennemis à abattre.

Le chef de cabinet du Général de Gaulle avait tenu à rencontrer mes p

arents pour leur

adresser les condoléances du Général et il m

avait demandé ce que je pensais de cette

guerre. Je lui avais répondu franchement que cette guerre était p

erdue et il ne fut pas

autrement surpris. Il reste à la France à reconnaître ses erreurs

et à demander pardon pour

s

acheminer vers une vraie réconciliation.

André L

Hénoret,

le 8 Octobre 2014

 

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Date de dernière mise à jour : 28/09/2018

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