Informations pour ceux qui étaient contre le 19 mars 1962, qui le sont encore, et, pour certains, qui ne savent rien !.....emploient des moyens pas républicains, pour se faire entendre

Bonne Lecture,  et, Merci, de me dire par un petit mot en fin de page, si vous avez  appris des choses sur cette période de Guerre d'Algérie, en lisant celle-ci

lien -- http://www.ina.fr/audio/PHD94017840   sur passation de pouvoirs de la Force Locale 21/04/1962

Audio a écouter de la 8 minute a la 11 minute, ce qu'on peut voir sur www.ina.fr/video/CAF90002960

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Force locale 2 1

 Copie extraite d'un article retrouvé sur le Web, le 12 avril 2015, qui........ résume cette page.

" J’ai 88 ans , né en Algérie et je me mords les doigts pour avoir fait confiance aux criminels de l’OAS . Et pourtant , dans cette mascarade qui a duré 7.5 ans , j’ai eu le malheur de perdre 2 de mes enfants qui avaient fait l’ignoble erreur de suivre ceux qui ont ensanglanté l’Algérie en Mars 1962 : l’Organisation des Animaux Sauvages."

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6 octobre

Photo prise sur le site de Michel Dandelot le 7 octobre 2016

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Ceci a été mis le 15 Mars 2014, pour un hommage  a ces éducateurs de l'Algérie assassinés, 
par un commando delta de l’O.A.S le 15 Mars 1962  a El Biar    (Copie)
En ce jour du 14 mars 1962, Mouloud Feraoun ne sait pas qu’il vient d’écrire la dernière page
de son journal et de sa vie * Hommage aux inspecteurs de l'Education nationale assassinés par l'OAS
http://www.dandelotmije.com/arti...

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Déclaration de guerre de l'OAS (19 mars)

En réponse à l'annonce du cessez-le feu, le général Raoul Salan (chef de l'Organisation armée secrète) s'adresse aux anti-indépendantistes d'Algérie qu'il incite à la rébellion contre l'État par le biais d'une allocution radiodiffusée:      

       « Ici Radio-France, la voix de l'Algérie française. Français, Françaises, un cessez-le feu qui livre à l'ennemi des terres françaises vient d'être consenti. Il s'agit là d'un crime contre l'Histoire de notre nation. Je donne l'ordre à nos combattants de harceler toutes les positions ennemies dans les grandes villes d'Algérie. »

Liste des Militaire morts pour la France du 23 Mars au 26 Mars 1962 (Refus du cessez le feu de l'OAS)   (avant la bataille de la  Rue d'Isly du 26 Mars 1962 )

morts-du-23-au-26-mars-1962-en-algerie.pngoas5.png

 

 

 

http://www.ldh.toulon.net/spip?article4395

  ce lien ne fonstionne plus je vais donc faire un copié-collé

Copie) Alger, fin mars 1962, l’OAS fait la guerre à l’armée française

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article de la rubrique les deux rives de la Méditerranéejours de guerre date de publication : jeudi 7 avril 2011

Dans un article de l’édition du 25 mars 1972 du journal Le Monde [1], Jean Lacouture rapporte que le 22 mars 1962, un responsable du service d’ordre à Alger avait montré à Alain Jacob, envoyé spécial du Monde à Alger, « un tract qui lui avait paru invraisemblable [...] : les chefs de l’OAS y proclamaient que les forces françaises devaient dorénavant être considérées comme des troupes étrangères d’occupation... »

C’est bien ainsi que les chefs de l’OAS ont réagi au cessez-le-feu du 19 mars 1962 : en mettant en oeuvre l’instruction 29, la  feuille de route que le général Salan, chef suprême de l’OAS, avait rendu publique le 23 février 1962 et  qui devait empêcher « l’abandon de l’Algérie française ».

Dans cette instruction, Salan avait donné l’ordre d’« ouvrir systématiquement le feu sur les unités de gendarmerie mobile et de CRS ».  En ce qui concerne les autres forces de maintien de l’ordre, il leur  accorde un délai pour rallier l’OAS.  Au lendemain de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu conclu à Evian entre le gouvernement français et le GPRA, estimant que ce délai est écoulé, il déclare  que les officiers, sous-officiers et soldats qui ne l’ont pas ralliée seront « considérés comme des troupes étrangères d’occupation ». En fait, depuis l’échec du putsch d’avril 1961, l’OAS considérait les militaires du contingent comme des adversaires de sa cause – un tract daté de la fin de l’année 1961 en témoigne.

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La Dépêche du 24 mars 1962.

Le 19 mars, dans l’une de ces émissions-pirates dont l’organisation clandestine qu’il dirige est coutumière, Salan donne « ordre de commencer immédiatement les opérations de harcèlement dans les villes des forces ennemies » [2].

« Je donne l’ordre à nos combattants de harceler toutes les positions ennemies dans les grandes villes d’Algérie. Je donne l’ordre à nos camarades des Forces Armées, Musulmans et Européens, de nous rejoindre dans l’intérieur de ce pays qu’il leur appartiendra de rendre immédiatement à la seule souveraineté légitime ; celle de la France. [3] »

Yves Courrière  précise que « le 20 mars  ceux qui n’avaient pas entendu la déclaration de guerre de Salan en prirent connaissance par tracts ou de bouche à oreille. [4] » Il poursuit : « le lendemain du cessez-le-feu l’O.A.S. adressa un “ultimatum” aux forces de l’ordre. C’est le secteur Orléans-Marine — commandé par l’ex-sous-préfet Jacques Achard — qui le rendit public sous le tract n° 35 C.E.I./12/0.A.P.P./X.I. L’O.A.S. adorait ces sigles mystérieux qui donnaient à la moindre de ses déclarations l’apparence sérieuse d’une note d’Etat-Major. [5] »

Et Yves Courrière cite le texte du tract reproduit ci-dessous :copie-oas-1-2.png

copie-oas.png

On connaît la suite :  le 22 mars au soir, des commandos de l’OAS attaquent une patrouille de la gendarmerie mobile qui sortait du tunnel  des facultés – bilan : 18 gendarmes tués. Le lendemain ils ouvrent le feu sur un véhicule de transport de troupes tuant 7 soldats appelés du contingent :  Roger Oudin, Robert Nogrette, Jean Grasset, Philippe François, Daniel Doutre, Messaoud Secuh et Saïd Belmiloud, tous 2ème classe [6].

voir   La répression du pouvoir  algeroisementvotre.free.fr/site0301/mars2362/mars2330.html

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La Une du Figaro du 24-25 mars 1962.

Par ailleurs, conformément à l’instruction donnée le 23 février de « pousser la foule dans les rues » sur ordre des commandements régionaux de l’OAS, cette organisation a appelé les civils désarmés à manifester le 26 mars  vers le quartier de Bab-el-Oued dont ses commandos armés avaient pris le contrôle, mais qui était bouclé par l’armée française.

Des milliers d’Algérois ont trouvé dans leur boîte à lettres un tract émanant de la zone Alger-Sahel de l’OAS, commandée par le colonel Vaudrey, dont voici la partie finale :

« Il faut aller plus loin : en une manifestation de masse pacifique et unanime, tous les habitants de Maison-Carrée, de Hussein-Dey et d’El-Biar rejoindront, ceux du centre pour gagner ensemble et en cortège, drapeaux en tête, sans aucune arme, sans cri, par les grandes artères, le périmètre du bouclage de Bab-el-Oued.

« Non, les Algérois ne laisseront pas mourir de faim les enfants de Bab-el-Oued. Ils s’opposeront jusqu’au bout à l’oppression sanguinaire du pouvoir fasciste.

« Il va de soi que la grève sera générale à partir de 14 heures. « Faites pavoiser. [7] »

D’après Yves Courrière [8] et divers autres témoignages, ce sont des tirs de pistolets-mitrailleurs installés sur les toits par des commandos OAS en direction des militaires français barrant le passage à la foule qui ont provoqué la fusillade meurtrière de la rue d’Isly. En particulier l’avocat Jean-Pierre Gonon, qui habitait près de la Grande Poste, a rapporté la présence de serveurs des fusils mitrailleurs embusqués aux étages supérieurs de deux immeubles bordant la rue d’Isly (aujourd’hui rue Ben M’hidi), notamment celui du 64 rue d’Isly, qui ont ouvert le feu sur les militaires du barrage.

Notes  [1] Article repris dans cette page.

[2] Rémi Kauffer, « OAS : la guerre franco-française d’Algérie » dans Mohammed Harbi et Benjamin Stora, La Guerre d’Algérie. 1954-2004. La fin de l’amnésie, page 454  (repris dans http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...).

[3] Yves Courrière, La Guerre d’Algérie, tome 4, « Les feux du désespoir » (édition du 1er mars 1972,  Arthème Fayard, p. 562 (cité dans http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...).

[4] Id.

[5] Id page 564.

[6] Yves Courrière, op. cit. p. 566.

[7] Yves Courrière, op. cit. p. 572, repris dans cette page.

[8] Yves Courrière, op. cit. p. 578, repris dans cette page 

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Copie prise sur Internet ) pour comprendre Signature du Cessez-le feu   -  Le 19 Mars 1962,  - L'OAS est arrivée à l'apogée de sa puissance grâce en particulier à la neutralité bienveillante de l'Armée. Les accords d'EVIAN ayant été signés (Krim Belkacem et Joxe), il n'y a plus rien à perdre. SALAN ordonne la guerre totale. Dans les différentes décisions prises certaines vont se révéler néfastes: La création des maquis qui auront une vie éphémère et l'ordre de désarmer les unités de l'armée qui pénètreraient dans Bab El Oued.

- 20 Mars 1962 : Grève générale OAS à ALGER et ORAN.

- 21 Mars 1962 : Affrontement à SAINT DENIS du SIG entre Harkis et FLN : 100 morts de part et d'autre.

- 22 Mars 1962 : l'OAS tire 6 obus de mortier sur le bas de la CASBAH: 24 morts, 50 blessés. Les condamnés FLN sont amnistiés. Une patrouille blindée de la gendarmerie mobile est attaquée en plein centre d'ALGER : 18 gendarmes tués, 25 blessés.

- 23 Mars 1962 : Hold up OAS à ORAN : 2 milliards de francs (anciens) dérobés. BAB EL OUED :

Le désarmement de plusieurs patrouilles par l'OAS tourne à l'affrontement faisant plusieurs morts parmi les militaires. A midi bouclage total de BAB EL OUED par l'Armée. Affrontement toute la journée avec intervention des blindés et de l'aviation : 15 tues et 77 blessés chez les forces de l'ordre, 18 tués et 58 blessés chez les civils. BAB el OUED restera bloqué plusieurs jours, les gendarmes dévasteront les appartements sous prétexte de fouille et les arrestations sont nombreuses (15.000). Les commandos réussiront à s'échapper avant le bouclage avec l'aide des Deltas de DEGUELDRE et d'un colonel sympathisant qui tardera à verrouiller le coté de St Eugène. A ORAN les combats entre gendarmes et OAS font 10 morts. le préfet de Police se réfugie à Mers El KEBIR

- 25 Mars 1962 : Arrestation (par hasard) à ORAN du général JOUHAUD, du lieutenant de vaisseau GUILLAUME ("Le CRABE TAMBOUR") et du commandant GAMELIN. Des officiers sympathisants, en détournant une opération de bouclage pour saisir l'émetteur pirate de l'OAS, font perquisitionner un immeuble front de mer où se trouvait le numéro 2 de l'OAS. JOUHAUD qui disposait de papiers en règle est néanmoins reconnu in extrémis par un policier.

- 25 Mars 1962 : Création du maquis OAS de "l'OUARSENIS". Une centaine d'hommes embarque dans un train "affrété" par l'OAS, avec à leur tête le capitaine POUILLOUX et accompagnée par le colonel GARDES. L'objectif est de contrôler un territoire qui semble propice avec à l'intérieur les 15.000 hommes du bachaga Boualem, un bataillon de Tirailleurs commandés par la commandant BAZIN et de nombreux officiers SAS acquis au mouvement. Les soutiens espérés se manifestent parcicieusement, l'aviation réagit vigoureusement, l'Armée Française s'allie au FLN pour combattre les maquisards ... Le Commandant BAZIN, blessé, sera exécuté par le FLN, une dizaine de maquisards tués et 91 faits prisonniers. Cette opération se solde par une hémorragie de cadres : Parmi les personnes arrétées : les capitaines POUILLOUX, MONTAGNON, les lieutenants DELHOMME, BERNARD, "MADAOUI",""

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ECOUTER AVEC INTERNET:     Inter- actualités de 19H15 du 19 mars 1962

Copié sur le Web      L’Organisation d’une Armée Secrète (OAS) a proclamée la stratégie de la «terre brûlée», et visent la destruction de tout ce qui peut « handicaper économiquement le jeune Etat pour des années à venir» . L’OAS a ainsi ordonnée que des « exploitations agricoles, des bâtiments publics, des magasins et entrepôts, et même certaines cultures dans les domaines agricoles doivent être détruites plutôt que de tomber entre les mains de musulmans»   (J'ai été témoin de ces destructions, encore, au mois de juin1962 aux environs de Guyotville)

Voir avec http://breaux.skyrock.com le 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie du 19 mars 1962 à midi

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copie extraite du journal le Monde du Mardi 7 février 2012

             Guerre d'Algérie : l'histoire en révision

Dans quelques semaines, seront commémorés, ici et là, le cinquantième anniversaire des Accords d'Évian puis celui de l'accès de l'Algérie à l'indépendance. Ces événements ont mis fin à des mois de terreur, orchestrée, des deux côtés de la Méditerranée, par les factieux de l'OAS, Organisation armée secrète, créée en février 1961 pour s'opposer à la politique de décolonisation mise en place par le général de Gaulle.Longtemps, la guerre d'Algérie, épisode honteux qui a souillé la France d'après-1945, a fait l'objet d'un consensus de refoulement collectif, malgré les initiatives courageuses de certains historiens tels que Benjamin Stora.

Aujourd'hui, le tabou tombe.

Paris a été, le 6 octobre 2011, la première institution française à témoigner officiellement de reconnaissance à l'égard des victimes en leur dédiant un monument au cimetière du Père Lachaise. Ce geste demeure cependant isolé. En effet, loin d'une condamnation rétrospective des 2 700 assassinats perpétrés par les nostalgiques de l'empire colonial, nous assistons au contraire à une consécration de leur mémoire, au mépris des victimes de leurs actes odieux.

Ayant survécu à un attentat dirigé contre le ministre André Malraux le 7 février 1962 et à la suite duquel, grièvement blessée, j'ai perdu la vue, je serais non pas une victime mais une "bavure", selon une confidence récente d'un vieil activiste - pas du tout repentant - à un journaliste.

J'avais jusqu'alors gardé le silence. Je choisis de le rompre ici pour dire ma révolte.

Sous le couvert d'hommages a priori légitimes rendus aux morts, des stèles ont été élevées non à la mémoire mais bel et bien à la gloire de criminels de l'OAS, pourtant condamnés en leur temps par la justice française. Dans les municipalités où ces impudents cénotaphes ont vu le jour, l'idéologie extrémiste et le révisionnisme ont triomphé à la fois du sens commun et de l'esprit républicain : pas de tueurs de l'OAS, mais des combattants, des résistants, des patriotes ; et, dès lors, pas de crimes non plus, mais des exécutions et pas de victimes, mais des traîtres ou simplement des bavures !

Le 28 novembre dernier, le chef de l'État lui-même a apporté une contribution éminente à l'excitation des passions mémorielles en remettant personnellement la plus haute distinction de la Nation au légionnaire putschiste Hélie Denoix de Saint Marc et en érigeant ainsi en modèle la rébellion contre l'autorité légitime. Peu après, le 10 janvier, lors d'une audience du tribunal administratif de Marseille liée à un recours contre l'édification d'une stèle magnifiant l'OAS dans un cimetière de Marignane, l'on a pu entendre l'avocat de la défense parler tranquillement des "prétendus assassinats" reprochés à l'organisation terroriste !

Aujourd'hui, le révisionnisme glisse vers un véritable négationnisme. À l'oubli des victimes succède la négation de la réalité des faits auxquels cette guerre sale a donné lieu de la part des ultras de l'Algérie française.

Selon Élie Wiesel, "tolérer le négationnisme, c'est tuer une seconde fois les victimes."

Il est des ressorts sur lesquels l'extrême-droite s'appuie pour sa montée en régime : l'Histoire nous l'a appris et elle adore bégayer. Nous sommes tous concernés par une République qui s'oublie au point de commettre des attentats à la vérité en honorant ceux qui ont eu recours à la barbarie pour tenter de renverser l'ordre démocratique.

Le 8 février, rappelant la responsabilité écrasante de l'État dans les neuf morts du métro Charonne, nous célébrerons, à travers eux, le sacrifice de tous ceux qui sont tombés sous les coups de l'OAS. N'oublions pas, certes, mais surtout souvenons-nous, car la mémoire est une action en marche.

Delphine Renard est aussi l'auteur de Judaïsme et psychanalyse : les "discours" de Lacan, à paraître aux éditions du Cerf (printemps 2012)

Delphine Renard, pour l'Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS

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http://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/Fracas-d-une-bombe-fragments-

Cinquante ans de silence et d’oubli, puis, en 2012, lors du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie,  Delphine Renard victime combien collatérale du conflit décida de prendre la parole. De ne pas laisser le «révisionnisme» l’emporter et transformer les assassins de l’OAS en défenseurs honorés de la France éternelle.

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Connectez-vous à YouTube    Delphine Renard - Tu choisiras la vie

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Publiée le 5 mars 2013

Delphine Renard vous présente son ouvrage "Tu choisiras la vie". Parution le 6 mars 2013 aux éditions Grasset. *****

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p1010105.jpg******************************************************************************************************************************************

Copie du journal   *Le Monde du 22 Mars 1962  

   UN « SAUVETEUR » DE l'ALGÉRIE  FRANÇAISE             

 Dans une lettre diffusée clandestinement, le capitaine Jean Curutchet, qui vient de rejoindre « l'armée secrète » expose longuement les motifs de sa désertion: II affirme notamment qu'il a voulu  respecter la parole donnée aux musulmans et «  coopérer personnellement au sauvetage, de l'Algérie, française » 

 En réalité la désertion du capitaine Curutchet date de plusieurs mois. Cet officier avait fait l'objet de diverses sanctions du fait de son attitude en Algérie :    Le 14 mars 1957 à Aïn-Isser, en Oranie, il avait enfermé une centaine de suspects dans un chais, où une cinquantaine périrent asphyxiés. Pour  camoufler cette affaire, il avait fait transporter les corps à la limite d'une zone interdite. La  commission de sauvegarde avait  relaté les faits dans son rapport publié par le Monde du 14 décembre 1957. 

 « On conçoit, que ses chefs, comme il l'indique lui-même,  n'aient pas tenu à renvoyer en Algérie « des purs comme lui »

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Le 23 Mars 1962,  un ancien membre de l’Assemblée consultative,  adresse une lettre au  Journal  Le Monde                  LE CODE PÉNAL ET LES PLASTIQUEURS

«  M  René  Cerf-Ferrière, Ancien membre de l’Assemblée consultative, nous adresse une lettre  dans laquelle il évoque la répression de l’activisme O.A.S. » 

La responsabilité des tribunaux est immense, écrit-il. Les peines légères, voire avec sursis, qu’ils ont appliquées depuis des mois, qu’ils appliquent encore aujourd’hui aux plastiqueurs, aux assassins, sont pour une grande part la cause de la recrudescence des attentats en Afrique du Nord et en métropole.

Qu’on ne nous dise pas que les magistrats n’ont pas les armes légales nécessaires pour prononcer les condamnations sévères que méritent les factieux de l’O.A.S. !

La nation tout entière doit connaître les articles 434 et 435 du code pénal

Article 434 - loi du 13 mai 1863 :

                Quiconque aura volontairement mis le feu à des édifices, navires, bateaux, magasins, chantiers quand ils sont  habités ou servent d’habitation, qu’ils appartiennent ou n’appartiennent pas à l’auteur du crime, sera puni de mort.

 Quiconque aura volontairement  mis le feu à des édifices lorsqu’ils ne sont pas  ni habités ni servant à l’habitation, sera puni de la peine de la réclusion criminelle à  perpétuité.     

                Celui qui, en mettant ou en faisant mettre le feu à l’un des objets énumérés dans le paragraphe précédent, aura volontairement  causé un préjudice quelconque à autrui sera puni de la réclusion  criminelle à temps de dix à vingt ans.

Article 435 :

                La peine sera la même d’après les distinctions faites à l’article précédent contre ceux qui auront détruit volontairement en tout ou en partie, ou tenté de détruire par l’effet d’une mine ou de toute substance explosive, des édifices, habitations, véhicules de toutes sortes, magasins et en général tout objet mobilier ou immobilier de quelque nature que ce soit.

Pourquoi ces articles restent-ils lettre morte ? Ils contiennent  tout pour condamner les coupable et ceux qui les commandent

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  Conséquence de ce 23 Mars 1962 a Alger (occulté?)

Retrouvé sur le Web   Rue d'Isly

" - A la fois l'O.A.S. - pour avoir appelé à manifester - et les autorités françaises - pour avoir placé une patrouille à prédominance indigène sur le chemin de la manifestation que d'autres troupes avaient déjà laissée passer sans intervenir - doivent porter également la responsabilité de cet événement, avec comme résultat possible une guerre civile généralisée. Déjà, dans la soirée, en moins d'une heure, 11 musulmans ont été abattus dans des attaques de terroristes européens.

On ne peut établir exactement comment la fusillade a commencé, même chez ceux qui ont échappé dans la panique générale. Cependant l'action peut être retracée comme suit : une manifestation européenne, déclenchée par l'O.A.S. pour protester contre le siège de Bab-El-Oued par l'armée avait été formellement interdite et le préfet de police avait lancé l'avertissement que "dans son caractère insurrectionnel évident", elle serait dispersée".

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Conférence de presse de Fouchet - Vidéo Ina.fr

Vidéo pour "conférence de presse de christian fouchet 11 mai1962"▶ 7:42

www.ina.fr/video/CAF94073323

Conférence de presse de Fouchet. JT 20H. 11 mai 1962 612 vues 07min 40s. Conférence de presse de ...

Conférence de presse de Christian FOUCHET, Haut commissaire de France en Algérie, 2 mois après la signature des accords d'Evian sur le cessez le feu et l'autodétermination en Algérie

 Monsieur Christian Fouchet Haut commissaire de France en Algérie signale dans cette vidéo qu'un nommé Bernard chef de commando de l'OAS d'Alger,  a avoué être responsable de 200 attentats dans la ville d’Alger. 

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7 juin 1962: la bibliothèque d’Alger a été incendiée avec la complicité de fonctionnaires français

Par La Rédaction | 07/06/2012 | 21:19      Copie   Internet  ?

 

Un témoin de l’incendie criminel perpétré contre la bibliothèque de l’université d’Alger (BU) par l’Organisation de l’armée secrète (OAS), le 7 juin 1962, a affirmé que “certains fonctionnaires de la BU étaient complices de cet acte criminel”. M. Sâad Khandek, ancien fonctionnaire de la BU et témoin de l’incendie, a indiqué, jeudi en marge d’une conférence organisée par la bibliothèque de l’Université d’Alger sur “les crimes culturels durant l’ère coloniale en Algérie: 1830-1962″, que “tout le monde à l’université savait que ces fonctionnaires collaboraient avec l’OAS et vouaient de la haine pour les Algériens”, la preuve étant que la partie centrale de la BU, qui contenait des manuscrits, des ouvrages et des documents importants, avait été totalement incendiée.

M. Sâad, qui occupait le poste d’adjoint de recherche à l’époque, a précisé que la majorité des cinq fonctionnaires algériens au sein de la BU “avaient démissionné un jour avant la mise à feu de la bibliothèque car ils avaient reçu des menaces de mort par l’organisation qui était présente à l’université”. La majorité des étudiants français, qui ont servi l’OAS, “ne s’étaient jamais opposés aux actes criminels perpétrés par cette organisation”.

400.000 ouvrages ravagés par les feux

L’orateur a précisé que la France ne voulait pas léguer à l’Algérie, à la veille de son indépendance, une bibliothèque aussi riche. 400.000 documents et ouvrages sur les 600.000 que comptait la BU ont été ravagés par les feux dans cet incendie, le 7 juin 1962. Les 200.000 livres ayant échappé à l’incendie à l’époque ont été été transférés au Lycée Okba d’Alger pour être restitués à la bibliothèque deux années plus tard. Les portes ouvertes organisées mercredi par la bibliothèque universitaire d’Alger sous le thème: “la bibliothèque universitaire: 50 ans après” ont été clôturées ce jeudi par la commémoration du 50éme anniversaire de son incendie.

Incendie à la faculté d'Alger

JT 20H - 08/06/1962 - 04min37s 680 vues
 

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Journal EL Watan le 05.07.2012

Commandant Azzedine. Dernier survivant de l'état-major de l'ALN

«Le suicide collectif des Européens a été organisé par l’OAS et non pas par le FLN ou l’ALN»

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le 05.07.12 | 10h00

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Cinquante ans après la guerre d'Algérie, il est temps de parler !

Le Monde.fr | 05.07.2012 à 09h19 • Mis à jour le 05.07.2012 à 09h19 | Par Raphaëlle Branche, historienne, Université de Paris-1, Institut Universitaire de France.

Cinquante ans après la guerre, il est temps de parler ! Que ceux et celles qui savent quelque chose témoignent ! Qu'il s'agisse du lieu où furent enterrés des personnes ou des circonstances de leur décès, les informations ne sont connues que d'un petit nombre. Anciens d'Algérie et habitants d'Algérie, parlez ! Dites ce que vous savez, même si c'est parcellaire et incomplet, car c'est la mise en commun de toutes les informations qui seule peut faire avancer la vérité, pour tous, et contribuer à poser les bases d'une réconciliation qui ne soit pas payée au prix d'un oubli forcé.

Raphaëlle Branche, historienne, Université de Paris-1, Institut Universitaire de France

 Ci-dessous - Copie reprise sur Internet, qui ne semble pas a aller dans le bon sens indiquait,  par Raphaëlle Branche, historienne

    " "Contre la Commémoration

 Notre devoir moral est de voter contre toutes les municipalités qui ont officialisé la date du 19 mars 1962 comme la fin de la guerre d’Algérie et contre toutes les personnalités qui participeront à la commémoration de cette date. Nous sommes plus de trois millions de Français d’Algérie, Harkis et descendants (7% des inscrits sur les listes électorales) et J’aimerais pouvoir penser que, grâce à nos votes, certains maires perdront leur siège et d’autres échoueront. Je pense tout particulièrement à M. Roland Riès, maire de Strasbourg mais également à Patrick Mennucci, candidat à Marseille, qui a financé le film Hors-la-loi.

Il ne nous reste que notre mémoire à défendre alors défendons-là jusqu’au bout, jusqu’au dernier !  ""NDLR : Sans oublier le maire de TOULOUSE qui a osé débaptiser le vénérable Pont Bayard pour honorer la date du 19 mars ! "

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La réhabilitation des généraux putschistes, en 1982                

 article de la rubrique les deux rives de la Méditerranée > la France et son passé en Algérie
date de publication : juillet 2002

 Où l’on découvre que le seul officier supérieur à n’avoir pas été rétabli dans ses droits à la suite de la loi de réhabilitation de novembre 2002 est le général Jacques de Bollardière.

Un texte de Jean Guisnel, extrait de Les généraux - enquête sur le pouvoir militaire en France (éd. La Découverte, 1990) – fin du chapitre 3 “les généraux et la politique”, de la page 66 à la page 78.

Pardon contesté pour les putschistes

Amnistier des généraux félons ? Jamais... A la fin de 1982, alors que François Mitterrand et les socialistes sont au pouvoir depuis un an et demi, leur première crise sérieuse va opposer le premier aux seconds. Huit anciens généraux putschistes de 1961 sont au coeur de la très violente controverse qui amènera les députés socialistes conduits par leur président de groupe à l’Assemblée nationale, Pierre Joxe, à amender le projet de loi présenté par le gouvernement de Pierre Mauroy. Le Premier ministre devra finalement faire appel, pour la première fois du septennat, à l’article 49.3 [1] pour faire passer le texte de loi dans son intégralité. En laissant d’un côté quelques cicatrices douloureuses sur les députés socialistes, mais en donnant de l’autre un gage de bonne volonté à l’armée pour laquelle l’épisode algérien reste une source, désormais tacite mais toujours lancinante, de rancune.

Lorsque François Mitterrand arrive au pouvoir, le 10 mai 1981, ils ne sont que deux survivants du « quarteron de généraux en retraite » qui, le 22 avril 1961, à Alger avaient tenté la folle aventure du putsch militaire destiné à conserver l’Algérie à la France et à provoquer la perte de Charles de Gaulle. Edmond Jouhaud, 76 ans en 1981, avait été chef d’état-major de l’armée de l’air avant de prendre une retraite anticipée puis de se lancer dans le putsch. Seul pied-noir de la bande des quatre, il avait été libéré de prison en 1967. Son chef dans le réseau terroriste de l’OAS [2] , Raoul Salan - 83 ans en 1981 -, a toujours à cette époque bon pied bon oeil. Charles de Gaulle avait accepté de le libérer de la prison de Tulle en juin 1968 : c’était, pensait-il, le prix à payer - négocié avec le général Jacques Massu à Baden-Baden le 29 mai 1968 - de la sujétion de l’armée au pouvoir pendant les événements de Mai.

Les deux autres membres du quarteron, Maurice Challe et André Zeller, sont décédés. S’ils sont les plus connus des généraux putschistes encore vivants en 1981, Salan et Jouhaud ne sont pas les seuls. Il en reste six autres, qui ont joué des rôles subalternes, mais n’en ont pas moins été mis à la retraite d’office : Pierre-Marie Bigot, 73 ans, ancien commandant de la région aérienne d’Alger, libéré en 1965 ; Jacques Faure, 77 ans, représentant des putschistes à Paris, libéré en 1966 ; Marie-Michel Gouraud, 77 ans, commandant le corps d’armée de Constantine, libéré en 1965 ; Gustave Mentré, 73 ans, qui ne fera pas de prison ; Jean-Louis Nicot, 71 ans, major général de l’armée de l’air (il n’avait pas voulu organiser la protection de la métropole contre une possible opération aéroportée des putschistes), libéré en 1965. Enfin André Petit, 72 ans, qui avait accepté le commandement militaire d’Alger, avait été libéré en 1964.

François Mitterrand ne s’est pas précipité. Mais le 29 septembre 1982, un an et demi après l’élection présidentielle, le chef du gouvernement Pierre Mauroy a présenté au Conseil des ministres un projet de loi « relatif au règlement de certaines conséquences des événements d’Afrique du Nord ». Le président avait déclaré quelques jours plus tôt : « Il appartient à la nation, au bout de vingt ans, de pardonner. » En réalité, le travail est mâché : au fil des années, et des différentes amnisties intervenues [3] toutes les condamnations prononcées pendant ou après la guerre d’Algérie ont été effacées. Reste un dernier point à régler, qui n’est pas un détail : 800 officiers, 800 policiers et 400 administrateurs civils renvoyés de la fonction publique entre 1961 et 1963 attendent l’ultime normalisation administrative, la « révision de carrière ». Pour les 8 généraux, le cas est particulier car leur ultime réhabilitation doit prendre la forme d’une réintégration dans le cadre de réserve.

Quand Salan vote Mitterrand

Lorsque le gouvernement présente son projet de loi, il respecte les engagements pris à de très nombreuses reprises, pendant les vingt précédentes années, par le nouveau président. François Mitterrand a fait part de ses sentiments dès le 18 mai 1962 lorsque, cité par la défense devant le Haut Tribunal militaire qui jugeait Raoul Salan, il était venu rappeler que ce dernier avait fait l’objet d’un attentat en 1957, qui lui avait laissé la vie sauve, non sans provoquer la mort
de son accompagnateur, le commandant Ridier : « Commencer à tuer un Français parce qu’on n’est pas d’accord avec lui, cela oblige à poser cette question : quand donc la patrie reconnaîtra-t-elle les siens ? » déclare-t-il à la barre.

En 1966, avec Guy Mollet et Gaston Defferre - qui déclarait quelques années plus tôt à propos des tueurs de l’OAS « qu’on les pende, qu’on les fusille » -, le futur président dépose une proposition de loi prévoyant « la réintégration de plein droit dans les fonctions, emplois publics, offices publics ou ministériels ainsi que les divers droits à pension ». Deux ans plus tard, en 1968, Gaston Defferre dépose un amendement - repoussé par l’Assemblée mais voté par les socialistes - proposant le rétablissement dans leur grade et fonction de tous les fonctionnaires impliqués dans l’OAS. Lors du débat sur la loi d’amnistie de 1974, les socialistes avaient proposé des amendements - repoussés - qui réclamaient, sans évoquer explicitement le cas des putschistes, qu’elle soit plus large. Les généraux rebelles, que cette loi d’amnistie réintégraient dans l’armée pour les mettre aussitôt à la retraite d’office, auraient pu considérer qu’ils ne s’en tiraient pas trop mal. Ce ne fut pas le cas.

Lors de la campagne présidentielle et sans trop se forcer, François Mitterrand avait tenu à donner de nombreux gages aux rapatriés d’Algérie, à ces pieds-noirs - souvent, mais pas toujours, sympathisants de l’OAS - qui entendaient saisir l’occasion pour que l’éponge soit passée une fois pour toutes. Celui qui n’est encore que candidat et qui aimait, dit-on, à rappeler en privé que « Mazarin a bien pardonné à la Fronde » suivait ces affaires de très près. Depuis près de dix ans, quelques-uns de ses proches travaillaient sur ces dossiers sensibles avec Jacques Roseau, porte-parole de l’association le Recours ; parmi eux se trouvaient l’avocat Jacques Ribs, qui deviendra conseiller à l’Elysée après le 10 mai 1981, et Georges Dayan, natif d’Oran et le plus proche ami de François Mitterrand. Au parti socialiste, dont le siège se trouvait encore place du Palais- Bourbon, des réunions régulières se tenaient autour de Pierre Bérégovoy et de Laurent Fabius.

La perspective de l’élection présidentielle accélère le processus : en mars 1981, Jacques Roseau et Guy Forzy, président du Recours, rendent discrètement visite dans son appartement parisien à Raoul Salan. Ils lui annoncent clairement leur intention d’appeler les rapatriés à voter pour François Mitterrand. Le vieux chef des félons qui tient la clé du vote de la frange la plus dure des anciens partisans de l’Algérie française - plusieurs dizaines de milliers de bulletins de vote - leur fait passer quelques jours plus tard son message d’acceptation par le colonel Jean Gardes, président de l’association des anciens militaires détenus : d’accord pour appeler à voter Mitterrand !

D’ultimes tractations se déroulent jusqu’à ce que, le 4 avril 1981 à Avignon, le candidat socialiste formalise publiquement quinze promesses aux rapatriés, rédigées par Jacques Ribs, Michel Charzat et Pierre Bérégovoy. Parmi celles-ci se trouve la promesse : « Une amnistie totale sera enfin réalisée, effaçant les séquelles de toute nature des événements d’Algérie. » Entre les deux tours de l’élection présidentielle, le 7 mai 1981, un congrès extraordinaire réuni pour l’occasion par le Recours à Montpellier reçoit un télex urgent du PC de campagne socialiste. Le candidat Mitterrand est particulièrement explicite : « Je vous confirme ma volonté, déjà ancienne, de mettre un terme définitif aux problèmes des rapatriés, spécialement en ce qui concerne l’amnistie, dont je voudrais que tous comprennent que dans un esprit de profonde union nationale je la souhaite intégrale, effaçant toutes les séquelles, même de carrière, du drame algérien. » La réponse du Recours est limpide et brève : « Prendrons position sanction Valéry Giscard d’Estaing. Fin de message. »

Lutte fratricide

Alors que le projet de loi présenté au Conseil des ministres ne semblait pas devoir soulever de problèmes particuliers à l’Assemblée, le retour de Pierre Joxe d’un voyage en URSS marque soudain le début des hostilités entre le groupe socia­liste, soutenu par une large frange de l’opinion publique qui contribuera par la suite à gonfler les rangs des « déçus du socialisme », et le gouvernement. Joxe, pour plusieurs raisons, ne veut pas entendre parler d’amnistie. L i qui effectua son temps de service à la sortie de l’ENA comme officier de la sécurité militaire en Algérie à la fin des hostilités n’avait pas à l’époque la moindre faiblesse pour les officiers félons. Il ne se renie pas. Second motif justifiant son attitude : son père

Louis Joxe, ministre du général de Gaulle, avait été l’un des principaux négociateurs des accords d’Évian qui aboutirent à l’indépendance de l’Algérie en 1962, et sa tête avait été mise à prix par l’OAS. Il ne le pardonne pas. Ce refus net, que François Mitterrand lui-même ne pourra ébranler, n’aurait cependant pas pu s’exprimer aussi fortement s’il n’avait trouvé un très large écho chez les députés socialistes.

Le 20 octobre au soir, le bureau exécutif du PS demande le retrait du texte ou l’exclusion des putschistes de son bénéfice. Le 21 octobre, jour même du vote, Paule Dayan, chargée de relations entre l’Elysée et le Parlement et fille de Georges Dayan, arrive à la réunion du groupe porteuse d’un texte confirmant que la loi d’amnistie exprime bien la volonté présidentielle. Elle est interdite de parole par Pierre Joxe qui, avec l’aide d’Alain Richard et de Jean-Pierre Worms, a définitivement convaincu ses collègues. Le secrétaire d’Etat aux rapatriés Raymond Courrière a beau se démener en faveur du texte, et guerroyer à la tribune, rien n ’y fait. Galvanisés, les socialistes rebelles, qui ont trouvé des soutiens très précieux sur les bancs communistes et gaullistes, votent en leur compagnie l’amendement qui exclut les généraux de la loi.

Camouflet pour l’Élysée, ce geste déclenche la fureur des rapatriés et l’inquiétude discrète de l’armée. Le chef d’état-major des armées, le général Jeannou Lacaze, prend langue avec le ministre Charles Hernu et lui rappelle que les militaires « sont très sensibles à ce genre de choses » ; aussitôt, Hernu envoie un petit mot à Courrière dans lequel il lui fait part du message... Le secrétaire d’Etat aux rapatriés n’avait guère besoin de cet avertissement : il avait tant pris à coeur « son » texte de loi que l’adoption de l’amendement provoquera chez lui un malaise cardiaque, le soir du vote. Quelques semaines plus tard, l’habileté tactique présidentielle commence à faire son oeuvre : les sénateurs socialistes dûment chapitrés par l’envoyé élyséen Michel Charasse s’abstiennent comme par enchantement d’amender le texte de loi, y compris ceux qui - comme Marcel Debarge - avaient voté en faveur de l’amendement lors de la réunion du bureau exécutif le 20 octobre.

Les textes adoptés par les deux assemblées parlementaires ne l’ayant pas été en des termes identiques, le projet de loi doit repasser en seconde lecture devant l’Assemblée nationale. Mais ni Pierre Joxe ni les députés n’ayant malgré les objurgations l’intention de se déjuger, le Premier ministre doit se résoudre à demander l’autorisation d’engager la responsabilité de son gouvernement. Le 23 octobre, Pierre Mauroy clôt l’affaire à la tribune de l’Assemblée et affirme que les généraux félons ne bénéficient pas d’une clémence démesurée, que la guerre d’Algérie est loin : « De toutes les images qui en restent, l’une des plus insupportables est sans doute celle de soldats et d’officiers qui se sont dressés contre la République [...]. Vingt ans se sont depuis écoulés, et au fil des années bien des pas ont été effectués dans la voie du pardon. [...] Le pardon n’est pas l’oubli. Il n’implique aucune approbation des faits qui, hier, ont provoqué des condamnations. Mais la société française doit aider à l’apaisement des esprits. Elle doit aider à refermer les plaies. C’est le rôle du gouvernement. C’est l’engagement qu’il avait pris devant le pays lors du dernier scrutin présidentiel. Cet engagement doit donc être tenu. Il le sera. »

Huit généraux rebelles à la République et à ses lois rentrent donc, en cette deuxième année du septennat, dans le giron national. Autant que les députés, de nombreux électeurs socialistes durent avoir quelque mal, ce soir-là, à digérer ce pardon mitterrandien imposé à la hussarde. Mais dans le concert des voix qui avaient réclamé que les putschistes ne bénéficient pas de la réintégration dans les cadres, il en était au moins une qui avait sonné un peu plus tristement que d’autres, celle du général François Binoche... Ce compagnon de la Libération avait été de ceux qui, en poste en Algérie lors du putsch, avaient contribué à son échec en refusant de suivre les rebelles. Dans un texte publié après le débat parlementaire [4], il s’indigne du fait que les officiers fidèles n’aient jamais reçu de récompense pour leur action : « Quelles mesures a-t-on prévues pour les cadres, officiers et sous-officiers de carrière, loyaux envers le gouvernement et qui, avant ou après l’appel du général de Gaulle, entravèrent l’action des putschistes, bloquant les rouages et les services du commandement et s’assu­rant du contrôle des troupes dont ils s’estimaient responsables ? Non seulement leur attitude et leur courage ne furent en aucun cas l’objet d’une quelconque récompense, ce qui n’aurait été que justice, mais ils furent soumis à toutes sortes de vilenies et de vexations ayant pour but final leur départ de l’armée. »

Etrange situation que celle du général Binoche. Car alors que les généraux de l’OAS sont désormais de nouveau membres de l’armée en cette fin de 1982, il est toujours, lui, en retraite d’office. Il n’a bravé aucune loi, ne s’est pas rebellé contre ses chefs ou contre la République. Plus simplement, il a dit ce qu’il pensait, il a de la sorte « contrevenu au devoir de réserve ». On aurait pu penser que le nouveau président aurait préféré commencer par le réintégrer, lui et ses collègues Antoine Sanguinetti et Jacques de Bollardière. Manifestement, ce n’était pas le plus urgent !

Les trublions, à la porte !

Trois hommes aussi différents que possible. Trois officiers généraux aux faits de guerre incontestables, et d’ailleurs incontestés. Tous trois jugés trop bavards par des présidents de la République aimant plus que quiconque les militaires muets, et qui leur firent payer très cher leur volonté de s’exprimer publiquement. Le premier à avoir fait preuve de ces velléités est Jacques Paris de Bollardière ; en juillet 1973, il est arrêté par la marine nationale au large de Mururoa sur un navire appartenant à des militants antinucléaires néo-zélandais, le Fri, en compagnie du journaliste Brice Lalonde, du prêtre Jean Toulat et de l’écrivain Jean-Marie Muller. Venu pour protester contre les explosions nucléaires atmosphériques que pratique encore la France à cette époque, Jacques Paris de Bollardière n’est pas un inconnu : saint-cyrien, mais sorti sergent de l’Ecole spéciale militaire pour cause d’insubordination chronique, condamné à mort en 1940 par un tribunal militaire vichyste, compagnon de la Libération, général en 1956 (à 48 ans), il a pris vigoureusement position contre la torture en Algérie en mars 1957.

Sa carrière militaire est dès lors compromise, mais il attend cependant le putsch des généraux pour démissionner et demander son admission dans la seconde section : « Dans cette période où l’hésitation et l’attentisme de beaucoup m’écoeuraient, j’éprouvais le besoin d’un choix clair [5] », expliquait-il quelques années plus tard. Georges Pompidou, président de la République, n’a pas bien pris le voyage tropical du général, et tranche rapidement son cas : le 25 juillet 1973, le Conseil des ministres décide de le mettre à la retraite, à titre disciplinaire. Le commandant Jean Blondel, secrétaire de sa promotion de Saint-Cyr, lui envoie alors un courrier au nom de ses camarades pour lui rappeler leur conception commune de la pratique politique d’un officier : « La servitude militaire, qui fait aussi la grandeur de son état, lui impose une réserve absolue à l’égard des propagandes ou des prises de position équivoques et malsaines, surtout quand elles utilisent son sang et ses services passés à des fins politiques discutables [6]. »

Le général de division François Binoche, comme Jacques de Bollardière, est compagnon de la Libération. Mais en plus, il est gaulliste. Et même gaulliste de gauche notoire. Après avoir quitté l’armée en 1970, il a repris du service en 1975 dans la revue L’Appel qu’éditent des fidèles de l’homme du 18 juin 1940. Alors que le président Valéry Giscard d’Estaing se pré­pare à se rendre à Bonn en visite officielle et compte y discuter avec Willy Brandt, à cette occasion, de la mise en service des missiles nucléaires Pluton, François Binoche fait état de ses anciennes fonctions de gouverneur militaire français de Berlin pour s’en prendre vigoureusement à l’Allemagne. Celle-ci, à le croire, « est restée immuable de Bismarck à nos jours » et il voit dans la soumission de la France « un effroyable retour en arrière ». La sanction ne se fit pas attendre et le général fut mis d’autorité à la retraite.

Dans un autre genre, Antoine Sanguinetti est également très tonique. Vice-amiral d’escadre et major général de la marine nationale, il considère que Valéry Giscard d’Estaing n’est pas un président à la hauteur, et que ce n’est pas avec lui que la France pourra faire sienne une ambitieuse politique navale. Tant que de tels avis sont proférés dans les dîners en ville, celui qui les tient ne risque rien. Le problème, c’est qu’Antoine Sanguinetti - en bon Corse - a le sang chaud. Et il écrit ce qu’il pense : une première publication en 1975 lui vaut d’être rétrogradé à la présidence de la commission d’essai des bâtiments neufs. Ce qui ne l’empêche pas de tirer une nouvelle bordée en janvier 1976 : le ministre de la Défense Yvon Bourges le convoque alors et lui intime l’ordre de ne plus écrire ; au risque pour l’amiral en cas de récidive de subir une sanc­tion disciplinaire et d’être mis à la retraite d’office. Naturel­lement, l’amiral remit le couvert à plusieurs dizaines de reprises, finit par publier à nouveau une série de papiers dans Le Monde en juin 1976 ; il fut mis en retraite d’office la semaine suivante par le Conseil des ministres. Ce qui ne l’a pas empê­ché de demeurer particulièrement actif au parti socialiste dont il fut finalement exclu pour une sombre histoire de candida­ture sans investiture en Corse, puis dans le mouvement de I< l’appel des cent » contre l’implantation de fusées américai­nes en Europe au début des années quatre-vingt ; sans oublier la Ligue des droits de l’homme, dont il demeure un très actif militant.

Réhabilités à la sauvette

Ainsi donc, en novembre 1982, les putschistes d’Alger sont-ils réintégrés dans tous leurs droits et prérogatives par le Parlement, alors que Bollardière, Binoche et Sanguinetti se morfondent toujours dans le statut de retraités. Leur réhabilitation faisait pourtant si peu de doute que le général Jeannou Lacaze, chef d’état-major des armées, avait fait savoir au ministre Charles Hernu, dans les semaines qui avaient suivi son arrivée, qu’il ne serait pas convenable de les réintégrer sans que Salan, Jouhaud et leurs collègues le soient aussi... De fait, le cas des trois sanctionnés est très différent de celui des anciens membres de l’OAS. Dans une note adressée le 15 novembre 1982 à Michel Delebarre, directeur de cabinet du Premier ministre, Maurice Benassayag, directeur de cabinet du secrétaire d’Etat aux Rapatriés, évoque le casse-tête qu’avait provoqué le ministère de la Défense en pensant résoudre les avatars parlementaires de l’amnistie. Ce dernier avait en effet suggéré que, dans le texte de loi d’amnistie des putschistes et pour calmer les socialistes, la mention « sont réintégrés » soit remplacée par « peuvent être réintégrés ».

Et Benassayag de répondre que « cette rédaction, si elle doit concerner les autres termes du texte initial, ne vise que les généraux amnistiés en 1974 et donc exclurait toute possibilité d’adjoindre Sanguinetti, Binoche et de Bollardière. Si le texte est modifié sous la forme "peuvent être réintégrés", les géné­raux de Bollardière, Sanguinetti et Binoche pourraient être pris en compte. Mais accepteront-ils d’être assimilés aux généraux d’Alger ? Ces généraux d’Alger demanderont-ils à bénéficier de ce qui pourrait apparaître non pas comme une volonté de la représentation nationale mais comme l’expression d’une grâce présidentielle ? ». Finalement, le sort des « trois » ne sera d’aucune manière lié à celui des putschistes. Mais se pose alors le problème de l’impossibilité de réintégrer des retraités dans la réserve, autrement que par une loi. C’est finalement Charles Hernu qui prit un arrêté dans une quasi-clandestinité, et en avisa personnellement les bénéficiaires par téléphone. Le général de Bollardière fut le seul à refuser cette mesure : il estimait que ce geste bien tardif était malvenu de la part d’un président qui était venu lui rendre visite le 25 juillet 1973 à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, avant de déclarer à la sortie :

« Sur le plan politique, le parti socialiste a toujours estimé les expériences nucléaires inutiles et dangereuses. La signification politique de mon geste doit être comprise par tous [7]. » Charles Hernu - qui entreprit pourtant des réformes autrement plus importantes - ne jugea pas utile de revoir les textes régissant l’expression des militaires en général, et des officiers généraux en particulier.

« Ne pas franchir le seuil de la polémique »

La liberté d’expression des militaires est régie par deux textes distincts. Le statut général des militaires qui rappelle dans son article 7 le socle des démocraties, à savoir que « les opinions ou croyances, philosophiques, religieuses ou politiques sont libres ». Mais c’est pour ajouter aussitôt que « les militaires en activité de service doivent obtenir l’autorisation du ministre lorsqu’ils désirent évoquer publiquement des questions politiques ou mettant en cause une puissance étrangère ou une organisation internationale ». Le second texte de référence est une instruction ministérielle publiée par le ministre de la Défense, Michel Debré, le 29 septembre 1972. Il précise que les militaires sont tenus, comme tous les fonctionnaires, au devoir de réserve. Dont l’appréciation est laissée pour une large part à l’analyse personnelle : « L’étendue de ce devoir varie évidemment en fonction de la situation personnelle de chacun, caractérisée notamment par le grade détenu et par l’emploi occupé, en fonction aussi des circonstances et en particulier de la diffusion qui est susceptible d’être donnée aux points de vue exprimés. Mais chacun, en fonction de ces différents éléments, doit être en mesure d’apprécier ses respon­sabilités propres. Dans tous les cas aussi, chacun veillera à ce que l’usage de sa liberté d’expression n’aboutisse pas à franchir le seuil de la polémique sur le plan des personnes ou des différentes catégories de personnel que comprennent les armées. »

Jean Guisnel

 Notes

[1] L’article 49, alinéa 3 de la Constitution de 1958 prévoit qu’un texte présenté par le gouvernement est considéré comme adopté par l’Assemblée, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures, est votée par une majorité de députés.

[2] L’Organisation de l’armée secrète est directement responsable de 1 500 assassinats, pour la plupart entre mars et juin 1962.

[3] Décret du 22 mars 1963, lois du 23 décembre 1964, du 17 juin 1966, du 31 juillet 1968, du 16 juillet 1974.

[4] Général François BINOCHE, « A sens unique ", Le Monde, 28 octobre 1982.

[5] Général Jacques PARIS DE BOLLARDIÈRE, Bataille d’Alger, bataille de l’homme, Desclée de Brouwer, Paris, 1972, p. 110.

[6] Jean TOULAT, Un combat pour l’homme, le général de Bollardière, Le Centurion, Paris, 1987, p. 137.

[7] Jean-Marie MULLER, " Vous avez dit pacifisme ? " De la menace nucléaire à la défense civile non violente, Cerf, Paris, 1984, p. 83.

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Cinquante ans après la guerre d'Algérie, il est temps de parler !

Le Monde.fr | 05.07.2012 à 09h19 • Mis à jour le 05.07.2012 à 09h19 | Par Raphaëlle Branche, historienne, Université de Paris-1, Institut Universitaire de France.

Cinquante ans après la guerre, il est temps de parler ! Que ceux et celles qui savent quelque chose témoignent ! Qu'il s'agisse du lieu où furent enterrés des personnes ou des circonstances de leur décès, les informations ne sont connues que d'un petit nombre. Anciens d'Algérie et habitants d'Algérie, parlez ! Dites ce que vous savez, même si c'est parcellaire et incomplet, car c'est la mise en commun de toutes les informations qui seule peut faire avancer la vérité, pour tous, et contribuer à poser les bases d'une réconciliation qui ne soit pas payée au prix d'un oubli forcé.

Raphaëlle Branche, historienne, Université de Paris-1, Institut Universitaire de France

 Ci-dessous - Copie reprise sur Internet, qui ne semble pas a aller dans le bon sens indiquait,  par Raphaëlle Branche, historienne

    " "Contre la Commémoration

 Notre devoir moral est de voter contre toutes les municipalités qui ont officialisé la date du 19 mars 1962 comme la fin de la guerre d’Algérie et contre toutes les personnalités qui participeront à la commémoration de cette date. Nous sommes plus de trois millions de Français d’Algérie, Harkis et descendants (7% des inscrits sur les listes électorales) et J’aimerais pouvoir penser que, grâce à nos votes, certains maires perdront leur siège et d’autres échoueront. Je pense tout particulièrement à M. Roland Riès, maire de Strasbourg mais également à Patrick Mennucci, candidat à Marseille, qui a financé le film Hors-la-loi.

Il ne nous reste que notre mémoire à défendre alors défendons-là jusqu’au bout, jusqu’au dernier !  ""NDLR : Sans oublier le maire de TOULOUSE qui a osé débaptiser le vénérable Pont Bayard pour honorer la date du 19 mars ! -

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Le plan "SIMOUN"...juin 1962 
source: pieds Noirs Magazine n° 21 décembre 1991
Citation

Ayant 20 ans et sursitaire, j'ai " bénéficié" de ce plan Simoun. Départ du Lido le 12 juin (la dernière vague), arrivée au Bourget puis destination, non l'Allemagne, mais Vannes dans le Morbihan. Ce dont j'ai le plus souffert? Le crachin, les piqûres...le premier vrai éloignement non volontaire de la famille: une déportation en somme.

Citation

Juin 1962. Plusieurs Noratlas en provenance d'Algérie atterrissent sur l'aéroport militaire de Strasbourg. Par dizaines, des jeunes gens descendent, encore étourdis des 4h45 qu'à duré ce voyage pénible et bruyant. Partis de Boufarik le matin pour une "destination inconnue", ils se retrouveront le soir incorporés dans différents régiments des Forces Françaises en Allemagne, à plus de deux mille kilomètres de leurs familles et de leurs proches. Seule consolation, si on peut dire : un papier de l'administration militaire attestant de leurs premières heures de vol. C'est réglementaire, et peut servir à leur avancement... Quelle dérision par rapport à ce transbordement brutal subi au mépris d'autres règlements ! Cette opération -pudiquement dénommée "appelés anticipés" par la presse -reste toujours largement méconnue des historiens. Nom de code militaire : Simoun.

De quoi s'agit- il ? Laissons parler les faits. Il suffit de relire La Dépêche d'Algérie (17 Mai 1962, page 3).
Conseil des Ministres du 16 Mai 1962. M. Pierre MESMER a fait approuver le principe d'une ordonnance sur la mobilisation des jeunes gens de 19 ans résidant en Algérie. Ce principe a été retenu par le Conseil." Les événements actuels en Algérie, a déclaré M. Alain PEYREFITTE, rendent souhaitable que des jeunes gens y soient soustraits dans toute la mesure du possible aux influences subversives des milieux qui les entourent, qu'ils soient protégés contre les actes qu'inspirent ces influences."
On ne saurait être plus clair : il s'agit bel et bien d'organiser une rafle, de déporter des jeunes gens susceptibles de militer pour l'OAS, et donc susceptibles de contrecarrer la politique du Général de GAULLE.

Mais si le gouvernement veut mettre les formes, la manière se charge de démontrer que l'intention humanitaire reste un leurre. De la mobilisation des jeunes gens de 19 ans, on glisse vite (cf. arrêté d'application du 22 Mai) aux "jeunes gens domiciliés à Alger et Oran" sans faire référence à l'âge

.En l'absence d'étude sérieuse sur cette opération et la population qu'elle a touchée, on en est pour l'instant réduit à réunir quelques éléments épars. Ce qui est sûr, c'est que de jeunes sursitaires - des étudiants, notamment - verront leur sursis brutalement résilié au mépris de l' engagement de la parole de l'Etat... Par ailleurs, certains "appelés anticipés" ne répondront pas à un tel appel, tombant alors sous le coup de la désertion...

Lors du vote sur une motion de censure, le 4 Juin, M. RENUCCI s'insurge contre cette "discrimination territoriale et raciale" et évoque le "traumatisme psychologique dont souffriront ces jeunes incorporés dans les unités de Métropole : on leur impose une sorte de STO, on leur fait porter moralement une étoile jaune". (La Dépêche d'Algérie, 5-6 Juin 1962).

Le gouvernement n'a cure de telles remarques. Une dépêche de l'Agence France Presse (reprise par La Dépêche d'Algérie du 8 Juin 1962) annonce
:"1.500 jeunes mobilisés d'Algérie sont attendus au Bourget. Paris (AFP) ? Environ 1.500 jeunes Français d'Algérie appelés sous les drapeaux sont attendus du 7 au 12 Juin à la base militaire du Bourget à bord d'avions spéciaux affrétés par le ministère des Armées. Le premier des dix-huit avions prévus pour cette période devait atterrir dans la soirée d'hier, en provenance de Boufarik, et ayant à bord 85 jeunes conscrits."
La dépêche d'Algérie du même jour titre en dernière page :"400 jeunes Algérois "mobilisés anticipés" ont "rejoint". Ils seront acheminés aujourd'hui sur la Métropole et, surtout, sur l'Allemagne."
En terre germanique, au moins, ces jeunes n'entraveraient pas la politique gaulliste en Algérie...

Les opérations continueront encore après cette date puisque on sait que le 16 Juin des Noratlas en provenance de Boufarik atterriront à Strasbourg...

Alors, question : combien de jeunes gens ont été touchés par ce qu'il faut bien appeler une rafle ? Et pourquoi les historiens sont si peu bavards à ce sujet ?

Les faits sont là, pourtant, vérifiables et incontestables. Peut-être davantage de témoignages de victimes de cette déportation alerteront les chercheurs sur cette période... Plan Simoun, vous connaissez ?

 

 

Commentaires (1)

1. Un internaude (anonyme) 23/11/2015

Ceux qui se disent républicains et qui sont encore contre la commémoration du 19 Mars 1962, n'étaient pas nés pendant la guerre d'Algérie 1954-1962, ou, ils n'ont pas crapahutais dans les Aurés.
19 mars 1962 - Victoire de la paix en Algérie, après huit ans de Guerre

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Date de dernière mise à jour : 09/05/2017

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