Les militaires Prisonniers du FLN en Algérie

Ce que nous avons appris, et ce que nous apprenons encore

Bonne Lecture,  et, Merci, de me dire par un petit mot en fin de page, si vous avez  appris des choses sur cette période de Guerre d'Algérie, en lisant celle-ci

lien -- http://www.ina.fr/audio/PHD94017840   sur passation de pouvoirs de la Force Locale 21/04/1962

Audio a écouter de la 8 minute a la 11 minute, ce qu'on peut voir sur www.ina.fr/video/CAF90002960

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Je mets sur cette page, de ce  site, une photo de prisonniers prise en 1958 et envoyé,  par leurs géoliers??,

 

Prisonniers

"Le devoir d'une Nation c'est de protéger tous ses citoyens,

L'honneur d'une Armée c'est de récupérer tous ses soldats"

Et d'avoir une reconnaissance pour ceux qui furent fait prisonniers pendant cette période de 1954-1962 et  en particuliers ceux qui furent fait prisonniers le 11 janvier 1958, qui furent libérés par Le FLN en Tunisie  en Décembre 1958 dont, des photos de ceux-ci (ci-dessous) viennent  de mettre transmises par la famille de leurs géoliers, le 4 novembre 2016.

Prisonniers du fln

Prisonniers zbiri

Interogatoire des 4 prisonniers

Libération de prisonniers détenus par l’ALN

Au début de l’année 1958, pour la première fois, deux délégués du CICR sont autorisés à visiter des prisonniers détenus par l’ALN : le 30 janvier 1958, Jean de Preux et Georges Hoffman, venus de Tunis, rencontrent à proximité de la frontière tunisienne, mais sur sol algérien, quatre prisonniers français capturés dans la région

Le bombardement de Sakiet Sidi Youssef

Les quatres prisonniers

Ces photos m'ont' été envoyé d'Algérie, il y a quelques jours. Ces militaires Français ont été fait  prisonniers par le responsable de la Wilaya 1 des Aurès à la frontière Tunisienne

Photo de ce responsable Militaire ci-dessous avec la photo du Responsable Militaire Français. Ces deux adversaires se sont rencontrés le 3 Avril 1962 a Rhoufi  Aurès en presence de mes camarades de la 3ème Compagnie du 4ème BCP de Tifelfel, et en presence de la garde rapproché du responsable de la Wilaya 1  (source  Algérienne confirmé ? ) 

 Pour ???  Contacts techniques a suivre en prévision de la suite des événements !

 Tahar zbiriLe dernier capitaine de tifelfel goetz

 

 Et je mets sur cette page, tous les Témoignages receuillis,

 

 - que nous avons eu connaissance, sur ces Anciens Combattants, anciens Militaires  Prisonniers du FLN, pendant la Guerre Algérie 1954-1962. 

 -  et, tous ce que nous apprennons encore sur le Web par les vidéos, où que je pourrais encore recueuillir

              - Pour tous ceux qui m'ont fait croire pendant plus de trente ans,  qu'il n'y avait pas eu de militaires prisonniers du FLN pendant la Guerre  Algérie 1954-1962.

  "- Qu'ils avaient tous, été fusillés "

Pourtant j'avais la preuve formelle que ce n'était pas vrai.  Car concernant mes camarades, prit en otages. J'avais obtenu un rapport  du 5 juillet 1962, Et un vidéo radio confirme

« 28 militaires européens, sous-officiers ou gendarmes appartenaient pour la plupart, a des unités de la force locale de l’ordre Algérienne qui ont désertés dans la nuit de dimanche a lundi. Ces militaires étaient manquants, hier soir.    Ces militaires appartenaient pour la plupart, à une unité stationnée à Guyotville, dans la banlieue, à l’ouest d’Alger.

Explication de ces disparitions,- Ces sous-officiers ont été fait prisonnier par leurs troupes »

Un premier contingent, composé de 22 européens, dont 6 sous-officiers

de l'unité 434 de Guyotville, ont été libérés a 2 ou 3 km de cette localité.

Ils avaient été détenus à proximité et n'ont subi aucun sévices

Etre emmenés en slip, les canons de fusil dans le dos où dans la pointrine, et ensuite, mis en joue à chaque passage d'un avion de recherche, où ils étaient détenus prisonniers ! c'est quoi ????

Et, être prisonniers et  assister a la montée des couleurs Algériennes. c'est quoi ?????

Il a signaler que les responsables de cette prise d'otages  "se sont fait remonter les bretelles"  par les autorités Militaires de l'ALN.

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Source    -      La Voix des Combattants  UNC AFN

-   Le 16 Mai 1962, une liste de 298 noms de militaires qui avait été,(où) été encore prisonniers, des fellagas,   a circulé

            Le Journal, L’ancien D’Algérie précise les adresses dans son numéro 460

Disparu avec le  Numéro 377  VIGNON Jean  Romain, caporal 55 2/B, né le 9/11/34 à Saint-Jean-la-Bussière (Rhône) a été déclaré « Mort pour la France » par jugement du 29 novembre 1963

Une liste  alphabétique avec le N° 387 dernier de la liste, a été partiellement censurée,  a la télévision en novembre 2007 et le 14 décembre 2007.

Le camarade de ma commune fait prisonnier avait le numéro 330

  Copie prit sur le Web  """En janvier 2007, je reçois une lettre d'un ancien camarade de régiment. Il m'a confié une liste provenant du Front de libération nationale algérien (FLN) de vingt noms et prénoms, intitulée "État de filiation des prisonniers de guerre ennemis capturés le 1 er novembre 1956" »

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 A voir et a écouter 

Guerre d'Algérie - Prisonniers du FLN - YouTube

Vidéo pour "You tube  vidéo les prisonniers du FLN"▶ 58:10

https://www.youtube.com/watch?v=3-NezRrG4qo

30 avr. 2016 - Ajouté par greg du66

Prisonniers du FLN pendant la guerre d'Algérie (1954-1962), quelques ... Production vidéo CHS (Centre d

De preux

Courrier de l aln

Prisonniers du fln et de preux

Prisonniers de oujda

 

 

You tube prisonnier du fln

Echange de prisonniers

Sur le même sujet avec d' autre  informations  complémentaires

A voir et a écouter, le témoignage vidéo de Raphaelle Branche reçu et vu  le 03/04/2015

https://www.youtube.com/watch?v=GTaPmUsYx04

Durivault

El Moudjahid, de juin 1959, ou la photo d'un prisonnier, le Soldat Durivault  est visible dans cette vidéo. Et nous pouvons comparé avec la Presse Française de la même époque

  Redha Malek sera de 1957 à 1962 le directeur du journal clandestin du FLN, El Moudjahid

Copie)   Article  de  Centre –Presse du   4 Mai 1959,  annonçait lui  le 30 avril 1959 que dans la région de Munier,  Département de Bône en Algérie la disparition d’un militaire de la commune de Ligugé 86, canton de Poitiers. Il s'appelait Durivault .Un mois plus tard,  ce même journal annonçait la libération par le F.L.N de ce parachutisme blessé, où à la gare de Poitiers, il était accueilli chaleureusement  par toute sa famille et une délégation du conseil municipal de sa commune.

Durivault 1

Photo papy 005

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  J'ai appris en l'an 2000 ce que je ne n'avais jamais su,  et que je n'aurais jamais su, si je n'avais eu une certaine chance avec moi. - Un journal  de 1959 tombé a côté de la benne de la Déchetterie de Vouneuil sous Biard, attira mon attention   ( Depuis un certain temps,  cette Déchettterie de Vouneuil Sous Biard est fermée malgré une remise aux normes onéreuse)

  (Copie)  L' Article de  Centre –Presse du   4 Mai 1959,  annonçait, le 30 avril 1959 que dans la région de Munier,  Département de Bône en Algérie la disparition d’un militaire de la commune de Ligugé 86, canton de Poitiers. 

Un mois plus tard,  le même journal  de Centre Presse ( lu aux Archives Départementales de la Vienne à Poitiers) - annonçait la libération par le F.L.N de ce parachutisme blessé, où à la gare de Poitiers, il était accueilli chaleureusement  par toute sa famille et une délégation du conseil municipal de sa commune.

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J y jaffres

Extrait du livre : STATISTIQUES:.

147 ex-prisonniers du FLN.

493 militaires disparus,:prisonniers du FLN et autres disparitions : crash, noyades…

51 noms de prisonniers dont les corps ont été retrouvés.

Autres que ceux déjà cités

  24 noms du corps enseignant

  11 noms d’un service de santé

  15 civils ou militaires ?

  31 civils (avec les militaires),

  15 policiers.

787 prisonniers recensés

A la page 66 de ce livre on peut se faire une idée du calvaire qu'on vécus ces 147 militaires avec le nombre de jours qu'ils ont été fait prisonniers, que l'auteur de ce livre s'est procuré

 

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Pour les autres qui ne sont pas revenus, on ne connait pas le temps et le calvaire qu'ils ont endurés

Francis faucher

Transcription du jugement déclaratif de décès N° 9 .  - Le 14-10- 1963 le T.G.I.de Poitiers, a, dans son audience publique de ce jour rendu le jugement suivant.   Vu la requète qui précede présentée par Monsieur le Procureur de la Republique, et après avoir délibéré. Attendu que le militaire Faucher ........a été porté disparu le 22-06-1960, alors qu'il effectuait comme sergent une opération dans la forêt de Litama, commune de  Sidi-Namane, Algérie.  -  Attendu que le sergent Faucher n'a pas donné de nouvelles depuis sa disparition ; qu'il paraît résulter des pièces communiquées par le Ministère des Armées que ce militaire a été tué le 03-07-1960. - Attendu qu'il importe en conséquence, de déclarer judiciairement le décès de l'intéressé dont le dernier domicile était Vouneuil-sous-Biard . Par ces motifs: Le tribunal statuant en Chambre du Conseil: Vu le dossier joint..........Déclare que le militaire Faucher Francis né le 02-09-1938 à Vouneuil sous Biard est décédé le 03-07-1960 à Sidi Namane, Algérie.                        Trancrit à Vouneuil sous Biard le 20-11-1963

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Des démarches pour éclaircir le mystère des vingt disparus des Abdellys      

   

 Copie)     La Dépêche du Midi

Anciens combattants

        

                La délégation menée par Guy Darmanin, président de la Fnaca, reçue dernièrement par Kader Arif, secrétaire d'Etat chargé des anciens combattants  pour lever le voile sur ce drame de la guerre d'Algérie./ Photo DDM                                                   
                       

                            La délégation menée par Guy Darmanin, président de la Fnaca, reçue dernièrement par Kader Arif, secrétaire d'Etat chargé des anciens combattants  pour lever le voile sur ce drame de la guerre d'Algérie./ Photo DDM                                                                                                                                                                                                             

L'année 2014, année de mémoire plurielle, sera marquée par de nombreuses commémorations avec le Centenaire de la grande guerre, le 70e anniversaire du débarquement, le 60e anniversaire de la fin de la guerre d'Indochine et le 60e anniversaire du début de l'insurrection algérienne le 1er novembre 1954. Pour chacun des conflits, il y a toujours eu, hélas, des disparus. Pour la guerre d'Algérie, ce sont, entre autres, les disparus des Abdellys.

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1956, 20 jeunes soldats métropolitains du 1er Groupe de Compagnies Nomades d'Algérie sont enlevés par l'ALN, dans la région des Abdellys, entre Tlemcen et Sidi Bel Abbès et emmenés vers la frontière marocaine. Personne ne les reverra jamais.

Pendant six ans, jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie, leurs parents ont vécu dans l'angoisse et l'espoir de retrouver leur enfant vivant. La plupart des pères et mères de ces soldats sont morts sans avoir pu faire leur deuil de cette perte irréparable. Depuis de nombreuses années, leurs frères et sœurs se sont regroupés pour faire avancer les recherches et, savoir s'il était possible de récupérer les pauvres restes de ces victimes oubliées de la guerre d'Algérie. Un journaliste a mené l'enquête, en Algérie et des témoignages fiables ont permis de localiser l'endroit où ces soldats ont été exécutés quelques jours seulement après leur enlèvement. Les familles tentent, depuis des années, de sensibiliser les plus hautes autorités, pour un peu de reconnaissance de leur vécu.

Le 29 avril dernier, une délégation conduite par Guy Darmanin, président national de la Fnaca, accompagné des représentants des familles des disparus des Abdellys a été reçue par Kader Arif, secrétaire d'État en charge des anciens combattants. Les familles des disparus lui ont témoigné leur reconnaissance pour l'action qu'il mène auprès des autorités algériennes afin de poursuivre les recherches pour essayer de retrouver les restes des corps de leurs frères. Le secrétaire d'État a écouté avec attention et émotion les témoignages des familles des disparus avant de redire tout l'intérêt qu'il porte à l'aboutissement des recherches qui doivent mobiliser l'Algérie et la France de même que l'hommage officiel qui doit être rendu à ces victimes.

«Plusieurs pistes sont ouvertes pour échanger des informations avec nos interlocuteurs algériens, tel qu'il résulte du dernier voyage effectué par le précédent premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à Alger» a indiqué Guy Darmanin.

Quant à l'hommage qui doit être rendu aux disparus, le ministre a exposé plusieurs hypothèses qui seront approchées plus précisément dans les semaines qui viennent.

Les responsables de la Fnaca et les familles des disparus ont été particulièrement sensibles à l'intérêt que porte notre ministre de tutelle à ce dossier tragique des 20 disparus des Abdellys.

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Rappel)    Le 1er novembre 1956, 40 militaires  Français, disparaissaient,  prisonniers des fellagas  vers Oran Les Andellys.

            Grâce à des plans, bien précis du cantonnement que possédaient les fellagas, les 20 militaires d’origines européennes furent emmenés en slip, attachés ensemble, dans la direction du Maroc, qu’ils ne purent rejoindre vivant.  Cause «  opérations de l’armée française) précisés par un de leur geôlier retrouvé 50  ans  après   Télévision Novembre 2007   F 5       Rediffusé le 14 Décembre 2007 

            Le Journal, L’ancien D’Algérie précise les adresses dans son numéro 460

Disparu avec le  Numéro 377  VIGNON Jean  Romain, caporal 55 2/B, né le 9/11/34 à Saint-Jean-la-Bussière (Rhône) a été déclaré « Mort pour la France » par jugement du 29 novembre 1963             Madame Odette Bidolin,  sa  sœur a envoyé au Journal « L’Ancien d’Algérie »  SA DERNIÈRE LETTRE    datée du 7 novembre 1956 avec deux tampons 

TELEVISION       FRANCE 5
Lundi 12 novembre 2007 à 20h40 (TNT) 

Vendredi 14 décembre 2007 (Hertzien)

Documentaire de Christophe Weber          DISPARUS EN MISSION

Le tragique destin des militaires français prisonniers du FLN

Le lundi 12 novembre à 20h sera diffusé sur France 5 (TNT) le documentaire réalisé par Christophe Weber " DISPARUS EN MISSION - LES OUBLIES DE LA GUERRE D'ALGERIE " sur le tragique destin des militaires français prisonniers du FLN. A l'aide de documents rares, de photos, d'extraits de films et de témoignages, Chrisophe Weber reconstitue les enlèvements de soldats français par le FLN, durant la guerre d'Algérie. Son enquête le mène jusque sur le sol algérien, où il recueille les paroles des derniers témoins de ces événements. Il revient ainsi sur le destin de ces centaines d'hommes dont on n'a jamais retrouvé ni la trace, ni le corps. Avec les accords d'Evian, en mars 1962, ces hommes sont déclarés «disparus en mission». Depuis, une chape de plomb pèse sur ces enlèvements, comme si les ministères de l'Armée et des Affaires étrangères ne voulaient apporter aucune réponse. + de 52 mn

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L'auteur de ce site avait mis  quelques lignes , ci- dessous, sur Champignoux du 8ème Régiment de Shapis copiées sur Mémorial Genweb,  pour rendre hommage a un militaire mort en captivité, comme l'avait été son camarade  d'école de Vouneuil Sous Biard,  il ne savait pas qu'il y avait un rapport entre ces deux disparitions.

A la date du 26 Avril 2014, il a appris que c'était la même équipe de l'ALN,  qui aprés avoir attaqué le poste de El-Horane de Michel Champignoux et, le faire prisonnier le 4 Février 1958, et qui avait des comptes a rendre  ensuite, aux militaires du  9ème RIMA, qui n'avaient pas respecté un échange de prisonniers, alors que l'ALN avait libérait ceux qui étaient encore vivants.(Source Franco-Algérienne) 9ème RIMA qui eu deux disparitions, un Lieutenant au mois de Décembre 59 et mon camarade Sergent le 22 juin 1960.

Copie)    Nouvelle République du Centre Ouest du Vendredi 9 Mai 2014

migné-auxances            Devoir de mémoire pour Michel Champignoux

Le comité d'entente des as­sociations d'anciens com­battants de Migné-Auxances vient d'organiser une exposi­tion suivie d'une soirée débat au centre socioculturel de la Comberie. Le thème en était la condition des prisonniers du FLN (Front de libération natio­nale) pendant la guerre d'Algé­rie (1954-1962).

L'exposition et la soirée débat avaient pour but d'honorer la mémoire de Michel Champi­gnoux, appelé du contingent, originaire de Charrais près de Neuville dont le destin a fait l'objet d'un travail de re­cherche mené par Jean Barrault et Claude Brochet, deux cheminots anciens combat­tants. Tous les deux animent la Fédération nationale des che­minots anciens combattants de la Vienne.

Des nuits durant dans la montagne de l'Akfadou

Michel Champignoux, comme dix-sept de ses compagnons d'armes en Algérie, a été fait prisonnier à la suite de l'at­taque du poste d'El Haourane par l'ALN (Armée de libéra­tion nationale) algérienne le 4 février 1958. Il marcha pendant plusieurs mois, et des nuits durant, dans la région montagneuse de l'Ait-fadou. Souffrant du froid et de la malnutrition, Michel Cham­pignoux est décédé dans la nuit dù 13 au 14 mars 1959. Il traversait un oued (une ri­vière) en crue. Son corps ne sera jamais retrouvé. Jean Barrault et Claude Bro­chet n'ont pas ménagé leur peine pour s'approcher au plus près des faits. Ils ont recoupé les sources, recueilli les témoi­gnages des acteurs des deux camps de l'époque. Us ont ainsi collaboré étroitement avec Djoudi Attoumi, un ancien co­lonel de l'ALN et Mohammed Gouffi, un universitaire algé­rien, qui, tous les deux, travail­lent sur le sort des prisonniers pendant cette guerre. Cette démarche s'inscrit dans l'histoire hors de tout préjugé. L'épilogue de ce travail se tra­duira peut-être par la publica­tion d'un ouvrage sur le destin des hommes du peloton d'El Haourane.

Copie Mémorial Genweb

  Nom : CHAMPIGNOUX Prénoms : Michel René Edgard Conflit : Guerre d'Algérie Grade, unité : Spahi - 8e R.S.A. [Cavalerie/A.B.C.] - R.S.A. Régiment de Spahis Algériens Complément :

Date de naissance : 01/10/1936  Département ou pays : 86 - Vienne Commune de naissance : Charrais  Genre de mort : Mort en captivité Mention Mort pour la France : Oui Date du décès : 13/03/1959

Département ou pays : 9352 - Algérie Commune du décès : Tizi-Ouzou (Grande-Kabylie) Lieu, complément :

Autres informations : Appelé du contingent - Disparu en captivité - Médaille Militaire, Croix de la Valeur Militaire avec Palme -

  "Toute mon admiration a Madame Champignoux Soeur de Michel, qui avait six ans, a l'époque de la disparition de son frere et qui a eu toute sa vie pertubée. Sa famille n'avait  jamais pu avoir de renseignement crédibles, et, correctement, par l'Armée et les autorités Françaises, sur la disparition de son frére a l'époque

 Mémorial Genweb (,Copie)

Nom : LÉGLISE Prénoms : Albert Conflit : Guerre d'Algérie Grade, unité : Spahi - 8e R.S.A.  [Cavalerie/A.B.C.] - R.S.A. Régiment de Spahis Algériens Complément : Matricule, recrutement : 
Date de naissance : 06/03/1937
Département ou pays : 33 - Gironde
Commune de naissance : Captieux 
Genre de mort : Disparu   Mention Mort pour la France : Oui 
Date du décès : 04/02/1958
Département ou pays : 9352 - Algérie
Commune du décès : Akfadou (Dpt De Bougie) Lieu, complément : 
Autres informations : Appelé du contingent - Médaille Militaire, Croix de la Valeur Militaire avec Palme - 

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Ce que j'ai écris et qui ne sera peut-être pas publier ? Sur les Prisonniers

Chapitre   7    Disparu    Prisonnier des fellagas

J'avais toujours la conviction, dans tous les secteurs du djebel lorsqu’on ratissait, qu’il fallait faire attention lorsque nous faisions irruption dans les grottes, et les caches,  que nous explorions.

J'avais toujours une grosse pensée,  pour les militaires de ma région et surtout celui de ma commune fait prisonnier «  et qui a été toujours porté disparu jusqu’en 1963 ».

Dans une de ces  nombreuses cavités de ces nombreux monts, où dans ces mechtas détruites un peu partout, en zone interdite et d’insécurité, F… F… qui été porté disparu (ou un autre  x… )  y étaient peut-être en détention ?  J'avais comme obsession qu’on aurait pu,  le ou (les libérés) des fellagas qui les avaient fait prisonnier pour avoir une « rançon » ; Où, je pensais retrouver aussi quelques indices,  abandonnés dans ces nombreuses cachettes

            Il a été  regrettable de m'entendre dire, de retour a la vie civile dans ma commune, ensuite jusqu’un 1992, encore, dans les bureaux d’une des principales associations d’anciens combattants de la Vienne  à Poitiers.

-  que cela avait été,   que « des événements,  en Algérie » et .........« du maintien de l’ordre »

et donc, qu’il n’y avait pas eu de guerre !

-   (donc qu’il n’y avait pas lieu de commémoré le cessez le feu du 19 Mars 1962)

 

  - qu’il  n’y avait pas eu en Algérie, de prisonniers Français métropolitains !

 

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Pourtant     en  Mars 2000                                                   La Voix du Combattant

26 Prisonniers du F.L.N  sont morts en 1962,  dont 13 après le Cessez le Feu

 

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De même qu’il lui a fallu qu’il attendre  2003  pour lire  dans le Journal  « L’ancien  D’Algérie » du mois  d’octobre 2003  -         UN AVIS DE RECHERCHE

-          pour connaître exactement le nombre d’ex-prisonniers militaires en Afrique du Nord

-          ainsi que - le nombre des disparus

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Il est vrai que dans le camp disciplinaire français de Timfouchi il y eu aussi deux disparus ?

Pour ceux,  qui avaient un peu refusé les ordres, une section spéciale les attendaient à Timfouchi  dans un camp  disciplinaire

 Jean Clavel  qui a retrouver 3 de ses camarades de ce camp   -   dans une émission sur  ARTE « la Pacification » août 2005  «   80 soldats se retrouvait dans ce camp,  où, en se réveillant le matin on ne savait pas si on passerait la journée »« où, parti avec un capitaine,   un jour deux camarades ne sont pas revenus !  »

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Je n'ais jamais eu peur de contredire et d’écrire. 

Car des chiffres sont pourtant évoqués dans plusieurs ouvrages et permettent de suspecter  « des incroyables mensonges »   

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En décembre  1963  L’Union nationale des Combattants remit une liste nominative, que les autorités françaises tenaient secrètes, au Ministre des A.C.V.G. Alexandre Sanguinetti, qui minimisait les chiffres des détenus que le FLN aurait dû rendre à la France au nom des Accords d’Evian           

                La Croix Rouge internationale avait étable une liste de 80 noms identifiés sur  180 prisonniers et disparus annoncés dans le cadre des Accords d’Evian dont on ne parlait plus de l’échange, un an et demi plus tard.

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Comme dans le livre Autopsie de la Guerre d’Algérie  Editions  France- Empire de Philippe Tripier 1972  page 559                     Epilogue    (Copie)

 « A l’époque des négociations finales, 348 militaires français* pour la plupart jeunes soldats du contingent métropolitain, étaient tenus officiellement pour prisonniers de guerre de l’A.L.N..

 En exécution des accords d’Evian, le F.L.N, en restitua cinq.  Les autres avaient été « liquidés »           

 -   * Chiffre pourtant  indiqué par Mesmer, ministre des Armées, le 12 décembre 1961 devant le Sénat »

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Un de mes camarade d’école étaitt parmi ceux-ci ?

Un Vouneuillois incorporé au 9ème Régiment d’Infanterie de Marine  était  fait prisonnier, en Algérie et était donc  parmi les (330 disparus*) 387

Pour le département de la Vienne,  ce n’est que le 25 septembre 2003  que  j'ai appris,   par la télévision régionale.

-   …. Que 152 de mes camarades habitant mon département  avaient laissé leurs vies en Algérie et brisé la vie de leurs familles ?      dans la presse en 1997 il avait lu  - 163, 160 sont évoqués maintenant

 - 156 noms sont inscrits maintenant, au Mémorail de la Roseraie à Poitiers

…et que 8  camarades incorporés  dans le même  bataillon de chasseurs, que moi, habitant aussi le département de la Vienne sont morts pour la France, en Algérie

Pour  ma commune j'ai récupéré une photo (page d'accueil) où  « Les quatre décédés  se retrouvent sur une même photo d’école »

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J'ai toujours regretté,  que l’armée n’a pas fait le maximum, le moment venue, et ensuite après,  pour ses « prisonniers » et anciens prisonniers

 Pourquoi ne voulait-elle pas qu’on en parle ?

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Dans   le livre      Témoignages   Michel Sabourdy   (copie)

                - Voici le récit,  de   témoignages de deux prisonniers capturés,  le 12 Août 1956,  qui ont été libérés, le 24 décembre 1956

Les récits de la presse de leurs libérations (ou leurs libérations) n’avaient pas plut à l’autorité militaire

     -    Ceux-ci furent reçus  au siége du Commandement en chef, d’abord par le Commandant Rodier ( tué en  janvier 1957  dans l’attentat au bazooka) puis par le Général Salan -      Qui leurs a dit  -

- «  Et n’allez pas chanter cela sur tous les toits ! »

«  Nous n’avons pas put le chanter sur tous les toits, car a partit de cet instant, et  jusqu'à notre rapatriement au Val de Grâce, on nous a soigneusement éloigné et isolé de tout. Nous avions même des chambres d’officiers… » 

Un avis officiel de décès avait  été adressé  à la famille de Michel Risse.

Pendant les premières semaines de sa détention ses parents le croyaient mort 

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Au mois de juin 1961, il y avait juste un an, que F…..un  Vouneuillois avait  été fait prisonnier des Fellagas de la willaya 3, de Kabylie

Un de mes camarade d’école,  crapahutait dans ces immenses djebels d'Algérie, où les fellagas étaient chez eux.

Ils possédaient la connaissance du terrain et ils avaient la connaissance de nombreuses caches et refuges.

Comme maintenant  je sais?       (affaire Sahad-Elysée*)

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    Copie  voir plus haut   * De Gaulle    face a  Si Salah    dans le  livre      La Liquidation  page 569

 De Claude Paillat    Chez   Robert Laffont,     1972

Trois chefs  « fellagas » furent reçus a l’Elysée le 10 juin 1960

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Par rapprochement de date et de lieu, et par déduction, certains fellagas de la Willaya IV, ayant envisagés,  leurs rémissions avec les plus hautes autorités, de l’état Français,  en prévision d'un cessez-le-feu, par l’intermédiaire du chef suprême  de notre Nation.

 Ils avaient engagé d’intéressantes conversations avec des hauts responsables Français. Mais, personne n’ayant voulu faire des concessions. il y eut une trop large divulgation, de ces rencontres et de cette importante réunion a L’Elysée.

A la suite a ces nombreuses  révélations, eurent lieu, des multiples  interceptions, et après beaucoup de vaines séductions,  ce fut, de part et d’autre, beaucoup trop, de récriminations

De ces chefs fellagas il y eut des exécutions, ensuite,  bien sûr, des éliminations ? ; Après il ne pouvait plus, y avoir, de « récupération » ? de F…. (ou de x.. ) et encore,  moins des libérations ?         

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Ci-dessous          Copies de ses événements  en rapport avec  les militaires prisonniers

                « Le général De Camas qui officier en Kabylie,  dans ce secteur de Tizi-Ouzou en 1960 fut remplacé par le général Simon,                   « Parce qu’on a voulu éliminer tous les témoins de l’affaire »                                  - Telle sera la thèse de certains militaires qui souligneront ce remplacement du Général De Camas par le Général Simon

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 « Le général De Camas fut un des principaux  négociateurs des accords d’Evian en 1961-1962 »

 Puis ensuite du 11/12/1963 au 16 juin 1964, il fut le dernier Commandant Supérieur en Algérie

 

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« Copie »  Dans le  livre de Paul-Alain Léger de  1983  chez Albin Michel  -   page  382  a  397 (page 425)    Groupe de Renseignement et d’Exploitation (B.E.L.) de la ( SDECE)  aux Carrefours de la Guerre 1983 chez Albin Michel  - page  406 a 421            Paul-Alain Léger écrit

« Certaines bonnes âmes, sans doute dans le regret des grandes chevauchées dans des combats ardents sous le soleil, prétendront que c’est là une guerre souterraine indigne des guerriers.

Je pense personnellement que si l’ennemi a des dispositions particulières pour se détruire lui-même, bien coupable serait celui qui n’en profiterait pas ! »

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Général JACQUIN du service de renseignement (S.D.E.C.E) dans  d’Historia Magazine de 1972

  ( Copie )                   L’évolution des services de renseignements

                «  Malgré des succès initiaux, qui interdirent au F.L.N d’embraser l’ensemble de l’Algérie, et pour répondre aux besoins tous azimuts du renseignement, les différents services en place en 1954 durent pour conserver leur efficience, rapidement modifier et leurs structures et leurs méthodes.

 De nouveaux services, mieux adaptés aux besoins opérationnels, s’imposaient ainsi que sur le plan local, une plus large diffusion horizontale des informations, trop souvent réservées à la pyramide hiérarchique propre à chaque service.

La révision des attributions et de la coordination ne s’effectuera pas sans heurts ni réticences, malgré les évidences.  Assez vite, en effet les services de police et la gendarmerie se lasseront d’envoyer devant les tribunaux des individus convaincus d’appartenance à la rébellion et qu’ils voyaient revenir, libres dans leur douar après un très bref séjour en prison : la justice, elle aussi, était inadaptée.

La source de leurs renseignements - c’est-à-dire leurs informateurs musulmans - se tarira devant les menaces de représailles, souvent appuyées de sévices exemplaires de la part des hors-la-loi, et devant la mansuétude exagérée de la justice envers les rebelles arrêtés.

Entre les aléatoires et maigres avantages d’une collaboration avec les autorités et les très réelles et atroces violences exercées par les fellaghas, l’hésitation était permise !  Certains services seulement grâce à leur extrême discrétion, conserveront quelques agents sérieux.

Mais dans le bled en revanche, faute d’avoir l’assurance du secret dans leurs contacts, les informateurs se montreront de plus en plus circonspects. La discrimination entre les besoins en renseignements s’imposa aussi très vite.   Le repli sur le Maroc et la Tunisie (ou l’Egypte! des principaux chefs de la rébellion conduira à confier leur surveillance à l’organisme le mieux placé pour ce faire : le S.D.E.C.E. Les autres services ne recueilleront plus à leur sujet que des renseignements fortuits.

Peu à peu, le S.D.E.C.E. retirera ses agents d’Algérie ou les confiera à d’autres organismes. Sa connaissance des milieux nationalistes n’avait plus. sur place, qu’une valeur documentaire.  Le S.D.E.C.E conservera en Algérie une antenne « Action » dirigée par «  M. Allemand » et un officier de liaison, le capitaine L.... qui, le 13 mai 1958. échappera de peu à la fureur des émeutiers qui avaient découvert abandonnée dans un tiroir du bureau du secrétaire général du ministre résidant la copie de leurs communications téléphoniques !

Le terrorisme rebelle dans les villes était particulièrement gênant On ne déplorait pas seulement ses victimes; il avait aussi  une  résonance considérable sur l’opinion publique nationale et internationale. Une grenade dans un bar de Bab-El-Oued trouvait plus d’écho qu’un combat dans l’Aurès.

Ce terrorisme relevait de la surveillance policière. Or les polices furent assez vite débordées, les chefs rebelles les plus importants étant repliés dans les maquis de montagne d’où ils animaient leurs activistes. Les policiers se montraient de plus vu plus sensibles aux campagnes de presse que la répression déchaînait.  On n’arrêtait plus que du menu fretin, qui ne se risquait pas, lui, de provoquer des remous dans les milieux politiques parisiens.

Dans le bled, la recherche des bandes rebelles exigeait une information étroitement liée au commandement militaire, information rapidement recueillie, promptement interprétée et vivement exploitée par les troupes.  Là aussi, les opérations militaires, menées avec des moyens trop réduits,  étaient mal adaptées au caractère subversif  de la  lutte. Elles manquaient de vigueur.

                Le général Cherrière s’entendra dire par Jacques Chevalier, sous-secrétaire d’État à la Défense nationale

-       « Tuez-en cinq cent mille ! Un million ! Les autres se calmeront*    N.D.L.R. d’Historia Magazine  *Mot qui circulera dans certains milieux activistes et que l’altitude libérale de Jacques Chevalier tout au long de la guerre rendra plus que douteux.

 Faute de moyens suffisants et avec l’accord des autorités civiles on rassemblera les bataillons, abandonnant le bled à l’adversaire.

                II était urgent de dépasser l’époque dérisoire où la présence d’un gendarme «  légalisait » » les opérations et où les juges d’instruction exigeaient l’autopsie des victimes.  Forte de son expérience indochinoise, l’armée instaurera une véritable hiérarchie technique au sein des 2ème bureaux.

A la base, l’officier de renseignements du secteur (un arrondissement) cumulait à la fois la responsabilité de la recherche du renseignement - aidé des O.R. de quartier - et de la centralisation des informations recueillies par d’autres services : gendarmerie, police, observation aérienne, etc. 

Cette organisation prit assez vite sa forme définitive.

                Mais elle n’était pas suffisante. La responsabilité de l’O.R.  s’arrêtait aux limites du secteur - limites dont se jouaient les fellaghas. Beaucoup d’O.R, aussi, manquaient de métier. Un système plus souple et techniquement mieux préparé deviendra nécessaire.

Ainsi naquit le Service de renseignements opérationnel chargé de projeter des agents au sein du maquis. Il sera confié au colonel Parisot, vieux routier des services spéciaux.  Parallèlement, l’interrogatoire des prisonniers et des suspects, source essentielle du renseignement, sera confié à un élément du contre-espionnage adapté au commandement local : le D.O.P.,  détachement opérationnel de protection.

                 L’ensemble - C-E. et S R. - sera coiffé, en 1957, par le Centre de coordination interarmées (C.C. J. J, dirigé par le colonel Simoneau. lui aussi vieux spécialiste du renseignement et qui s’était brillamment comporté dans la Résistance.
                Le C.C.I. disposait également de services «  techniques » - écoutes radioélectriques, radiogoniométrie, décryptement.

                Enfin, le service  « Action » du S.D.E.C.E. passera aux ordres du C.C.J.

Les renseignements recueillis étaient centralisés au niveau le plus élevé par deux organismes distincts mais se complétant, l’un à la disposition du ministre résidant le bureau d’études, dirigé par le colonel Ruyssen, très au fait des problèmes nord-africains, l’autre à la disposition du commandant en chef.  le classique 2ème bureau des états-majors, qui sera successivement confié au colonel Menière de Schacken (qui sera tué, plus tard, à Teniet-el-Haad en 1958), puis, à partir de 1958, au colonel Bourdoncle.

Dans les corps d’armée, dans les zones, les 2ème bureaux coordonnaient et animaient l’ensemble des services représentés sur leur territoire.   L’organisation réalisée fin 1957 ne sera guère modifiée jusqu’à fin 1960, date à laquelle commenceront le démantèlement du système et l’orientation de plus en plus politique donnée à certains organismes.

Aux différents échelons du commandement, les moyens étaient ajustés de manière à éviter des chevauchements ou des conflits d’attributions auxquels on n’échappera d’ailleurs pas toujours.

L’organigramme s’établira à peu près comme suit :

                 -  Au secteur (sous préfecture) : l’O.R centralisait les renseignements obtenus par la gendarmerie, la police des renseignements généraux et les O.R. subordonnés:

                 -  A la zone (préfecture) : le 2ème  bureau orientait en outre le poste S.R. (s’il s’en trouvait), le détachement opérationnel de protection (C.-E.) la sécurité militaire, la police judiciaire (en ce qui concernait les activités rebelles), l’observation aérienne;

 -  Au corps d’armée (igamie) : le 2ème bureau, en accord avec les représentants de l’autorité civile, coordonnait l’activité de tous les services.

Le bureau d’études de la Délégation générale s’occupait plus particulièrement des aspects politiques et économiques de la lutte contre la rébellion.   Le 2ème bureau du commandant interarmées s’intéressait surtout au F.L.N. à l’intérieur du territoire et aux frontières.

En I960. après les « barricades », la Délégation générale, par la voix du préfet de  police Aubert qui avait remplacé le colonel Godart demandera l’aide de l’armée pour surveiller les Européens militant pour l’Algérie française. Il se heurtera initialement à une réticence de principe nettement formulée.

Comme l’avait constaté Robert Lacoste, alors qu’il était ministre résidant : «Comment lutter sur deux fronts ? »

Le chef du bureau d’études, le colonel Baudet, ami personnel, pourtant de Paul Delouvrier, sera muté... en Yougoslavie. Le chef du 2ème bureau, le colonel Bourdoncle, sera lui aussi remplacé.

                Et le chef du bureau études et liaisons ( B.E.L.) de l’E.-M. Inter-Armées, auteur de ces lignes, tenu pour responsable de la résistance à l’Algérie algérienne, sera discrètement évincé d’Algérie.

Progressivement se mettront en place des équipes (gendarmerie, sécurité militaire, 2ème bureaux, polices) qui accepteront de détourner leur attention du F.L.N pour l’appliquer aux milieux  français. 

 Général JACQUIN dans Historia Magazine

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Dans Historia Magazine, le Général JACQUIN, raconte aussi  dans beaucoup de numéros, ‘‘la guerre d’Algérie’’  mais !  comme il le dit lui-même, il n’était plus en Algérie vers la fin ?

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 De Gaulle  face a    Si Salah   (Suite) a  la  page 572    du livre      La Liquidation

 De Claude Paillat    Chez   Robert Laffont,     1972                                           suite   copie

Avec Tunis, l'échec est enregistré : Ferhat Abbas ne viendra pas.

 Quelques jours plus tard début juillet 1960 — Mohammed qui est le chef de la wilaya en l'absence de Si Salah et qui s'est toujours  montré réticent fait volte-face : il fait arrêter puis exécuter Lakdhar qui fut à l'origine des contacts. Dans quelques semaines,  ce sera le tour d'Abdelatif.

                Paris l'apprend grâce à une lettre saisie près de Damiette et où Mohammed enjoint aux responsables du secteur de Palestre de s'emparer de Si Salah et de l'amener au P.C. de la wilaya IV.  Heux, toujours dans la coulisse, suggère à Crépin deux « montages » pour éliminer Mohammed. Le commandant en chef en Algérie pose la question personnellement à de Gaulle, qui donne son accord. Une des manœuvres consiste à adresser un message à Mohammed pour l'inviter à un nouveau rendez-vous, puis à l'arrêter. Mais Mohammed n'a plus aucune raison de répondre ! Son virage est déjà pris. Il faudra autre chose. On pense aussi — et c'est Crépin qui en a l'idée, car il aime beaucoup les gadgets pièges, à faire parvenir à Mohammed un stylo — ce n'est guère difficile — radioactif. Là encore, rien ne se fait. Il faut donc en revenir aux moyens classiques. On sait que Mohammed a l'habitude, quand les choses vont mal, de se réfugier à Blida. Avec patience, on remonte toute la filière, mais il va se passer des mois avant que...

                En attendant. Si Salah est en Kabylie. On saura, par le fils du colonel Mohand Ou El Hadj, fait prisonnier dans un accrochage par le commando Koller, que la rencontre entre les deux chefs de wilaya a bien eu lieu entre le 14 et le 16 juillet dans le douar Béni Ghobri et que le responsable de la wilaya III a donné un accord de principe à « la paix des braves ». Le Conseil de la wilaya en a aussi délibéré et a approuvé. Il ne se sert pas des moyens de secours évoqués lors de la réunion de Médéa, le 18 juin. Il ne lui serait probablement pas difficile de faire signe, mais il ne le veut pas : en Kabylie on ne peut être un traître et se ternir. Il préfère subir le sort qui l'attend.

Mohammed n'a pas agi seul. Comme pour la négociation avec la France, les cadres ont été consultés mais ont tous gardé le secret, même ceux faits prisonniers par la suite. C'est une affaire de chefs.  C'est secret et sacré. Quant au fils de Mohand Ou El Hadj, il ne parle que parce qu'un des accrédités de « Tilsitt » vient le trouver.  Jusque-là, il n'avait pas dit un mot.

                Voilà donc Si Salah de retour à son P.C. Il n'est plus rien ; il ne commande plus. Il n'est pas enchaîné. Il n'est pas traité en « pauvre type ». Le G.P.R.A., prévenu, ordonne qu'il soit dirigé par petites étapes sur la Tunisie, où se répétera, en beaucoup plus spectaculaire cette fois, ce qui s'était passé avec le commandant Azzedine. Il en est ainsi fait. Si Salah part donc avec un laissez-passer signé par Mohammed, avec son grade mais sans fonction. Dans son portefeuille, il a ses papiers, la photo de sa mère, d'amis, du secrétaire de la wilaya (un ancien légionnaire). Douze fellaghas lui font escorte. Dans le Djurdjura, la petite troupe tombe sur un commando de chasse. Les maquisards se battent mollement et sont tous tués. Quant à Si Salah, il s'est blotti dans un trou ; un musulman du commando l'y découvre et le tue (20 juillet 1961). Près d'un an après l'affaire de Médéa...

Le 8 août 1961, le commandant Mohammed est tué en plein cœur de Blida par les hommes d'une « centaine » du 2ème Choc, le régiment « action » du S.D.E.C.E.

Voici comment les choses se sont passées.

Depuis plus d'un mois, les services de repérage des émissions radio F.L.N. enregistraient une émission venant chaque soir de Blida. Des spécialistes de la goniométrie envoyés sur place n'avaient pas encore réussi à localiser l'émetteur, quand un des hommes du 2ème Choc qui circulait en civil (comme ses camarades) remarqua, le long d'une villa, un fil électrique que l'on remontait à l'intérieur de l'habitation.

Alerte. Arrivée des paras, qui ne trouvèrent d'abord rien d'anormal, jusqu'au moment où l'un d'eux obligea le musulman qui les avait reçus à quitter la commode devant laquelle il se tenait obstinément. Le meuble poussé sur le côté, apparut une trappe. A peine fut-elle ouverte, que Mohammed, qui y était caché, ouvrit le feu, blessant le commandant Prévôt et tuant un lieutenant. Riposte. Mohammed est tué, tandis que ses compagnons, dont le transmetteur radio, sortent de la cache. Beaucoup de documents, notamment sur les filières par des stewards d'Air Algérie, des intermédiaires avec la Délégation générale du gouvernement à Alger, des documents concernant le G.P.R.A*17.

Plusieurs questions se posent ici et là.

                -      Quand le G.P.R.A. a-t-il réellement appris les négociations de la wilaya IV avec la France ?

      Certains assurent qu'à Tunis on était au courant avant le discours de Melun et que toute la « comédie » de Ferhat Abbas venant ou non à Paris n'a été faite que pour « lanterner » De Gaulle et donner le temps au F.L.N. de reprendre en main la wilaya IV. En réalité, le G.P.R.A. n'aurait été mis au courant que peu après. Ce qui est sûr, c'est que le B.E.L. apprend, début juillet, et d'une source extrêmement sûre, que le chef du 2ème bureau de l'A.L.N., Ben Chérif*18, a reçu l'ordre de Krim Belkacem de se rendre en Algérie pour y « liquider » Si Salah et ses complices. Mais déjà Mohammed a viré de bord, approuvé par ses séides et par les cadres qui subissent la loi du plus fort.

On assure aussi que Si Salah n'aurait été que blessé dans l'accrochage sur la route qui le conduisait en Tunisie. Son identité connue, on aurait demandé des instructions en haut lieu pour savoir ce qu'il convenait de faire : la réponse aurait été de l'achever

Mais là encore, à part la vantardise de l'officier qui était à la tête du commando de chasse, « heureux de ce coup de maître », on ne croit guère que les hautes autorités aient agi ainsi. De même pour la mort de Mohammed; La participation d'une unité des services spéciaux à sa mort a donné naissance au bruit que l'Elysée avait été « ravi » de faire disparaître les témoins d'un échec de de Gaulle. Or, nous le savons, la mort de  Mohammed a été décidée à Alger dès juin 1960 et par des officiers qui ne se souciaient nullement d'aller au-devant d'éventuels « désirs » de Paris. Pour eux, la disparition de Mohammed était nécessaire afin de tenter de sortir Salah de son mauvais pas (celui-ci, ne l'oublions pas, est resté en liberté surveillée en Algérie pendant près d'un an!) et qui, récupéré, aurait pu rendre encore des « services ».

Enfin, Mohammed a toujours été considéré par l'état-major d'Alger comme un « dur », un « mauvais », quasiment « irrécupérable ».

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*17.     On trouva aussi deux carnets personnels, 1960 et 1961. Des comptes, recettes et dépenses de la wilaya. Des noms, des boîtes aux lettres. Des mots de passe. Le 1er avril 1960, réception d'une lettre de Boumediene, et le 4, réponse à celui-ci. Parfois des revendications sur un « traître ».

Le 31 août, Mohammed relève un communiqué du commandement français « sur la prétendue dissension en wilaya IV ». Au 13 novembre : « Le problème algérien, un véritable casse-tête chinois et bientôt une salade russe  (on ne peut pas mieux dire). Une recette pour teindre des uniformes. »

C'est sur ce carnet que Mohammed enregistre avec satisfaction la livraison (venant d'un magasin des transmissions de l'armée française...) de 4 postes radio neufs ANGRC 9 ; c'est avec l'un d'eux que ses amis vont émettre régulièrement et se faire repérer

Enfin Mohammed avait été mis au courant des négociations le G.P.R.A. par messages codés acheminés par « voie rapide » aux environs du 6 août.

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*18.         Ben Chérif appartient à une famille de notables très connus. Son père, fidèle à la France, avait terminé sa carrière comme bachaga ; l'un de ses frères était capitaine. Contacté par le FLN, Ben Chérif, alors lieutenant accepte de l'introduire dans le poste qu'il commande. Trois soldats métropolitains et une douzaine de musulmans qui avaient refusé de le suivre en dissidence sont alors égorgés. A Tunis qu'il rejoint ensuite, Ben Chérif est chargé des « hautes œuvres » du F.L.N. et beaucoup de fellagha de tout rang en subissent les effets.

 Début octobre 1960, une unité du 1er  R.T.A. en opération dans le secteur d'Aumale accroche un petit groupe de djounouds qui se rendait pratiquement sans combat. Parmi eux, on découvre Ben Chérif, le chef du 2ème bureau de l'A.L.N.  Jacquin, alerté, se rend à Aumale accompagné d'un officier spécialisé dans la wilaya IV. Ben Chérif reconnaît qu'il a fait toucher le commandant Mohammed par un émissaire et qu'il est rentré dans le droit chemin de l'obéissance au G.P.R.A. Il prétend aussi être venu de Tunisie par un itinéraire qu'il est incapable de préciser.

Plus tard Krim Belkacem reparti en dissidence contre ses anciens amis, avouera à l'ancien chef du B.E.L  que Ben Chérif était revenu en Algérie via Paris où, par le truchement d'un avocat, il avait été doté d'une carte  fort régulière de travailleur migrant. A Alger le transit avait été facilité par un magistrat musulman proche du procureur de la République.

Enfin, sur le moment, Crépin fut averti de l'arrestation de Ben Chérif et de l'intention du colonel Leguay, commandant le secteur d'Aumale, de l'exécuter en application d'un jugement.

                Paris averti, M. Morîn reçut l'ordre de s'y opposer et en quelque sorte prit Ben Chérif sous sa protection pour le faire transférer en France. Ben Chérif est maintenant le chef de la gendarmerie de la République algérienne. ( le livre est sorti en 1972)

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Echange de prisonniers    

Voir sur la vidéo  

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Nous avons suffisamment souligné la marge étroite qui était en fait celle de De Gaulle dans le grand dessein de cette double négociation avec le F.L.N. Il n'a pas compris — ou il n'a pas cru — aux luttes qui opposaient les combattants de l'intérieur à ceux de l'extérieur. Elles ont existé pourtant, et dès le début de la rébellion, venant du fond des âges, des atavismes, des particularismes locaux. Nous avons donné maints exemples de ces conflits, notamment quand les Kabyles avec Abane Ramdane tentèrent de mettre la main sur la direction du F.L.N.

C'est aussi le Sud Constantinois qui s'est soulevé (Wilaya I), mais jusqu'à l'indépendance une autre lutte s'est livrée à l'intérieur contre ceux des dirigeants du F.L.N. qui tentaient de dominer le vieux fond querelleur et sauvagement indépendant des Chaouïas. C'est également le particularisme bien connu de la - wilaya IV qui se manifestera encore après l'indépendance dans ce qu'on a appelé le « Wilayisme ».

C'est-à-dire la lutte contre le pouvoir central. Il n'est pas dit qu'un jour cette wilaya ne refasse parler d'elle. Que d'autres cas ! Le plus important reste que le général n'ait pu trouver les « gestes » qu'il fallait faire à l'égard de ses visiteurs. De Gaulle est pour eux une sorte de « bon Dieu », de « père », de « vieux sage » qui doit savoir pardonner à ses enfants un instant égarés ;

 On efface tout. Ce sont des combattants. Ils sont devenus des chefs. Mais ils sont prêts, pour peu qu'on leur tende la main, à se montrer fidèles et dévoués.

Les Français et notamment les A.I. qui ont pacifié autrefois le Maroc ont su découvrir tous ces ressorts de l'âme musulmane et faire de leurs adversaires d'hier de véritables amis par leur seule compréhension.  Ce qui est essentiel, c'est que ce double échec irrite profondément le général. Distant et parfois méprisant à l'égard des pieds-noirs hostiles à sa « grande politique », il les a rejetés. « Ils souffriront », a-t-il dit. L'armée « ne l'a jamais aimé », et voilà que le F.L.N. ne le comprend pas ! Il est furieux.

C'est à partir de ce moment-là que, comme par lassitude, il prend la décision de donner l'indépendance à l'Algérie. Dépit et colère.

                Dès 1960, et sans qu'à l'époque on y attache une grande importance dans l'opinion, l'Elysée prend un certain nombre de mesures qui montrent que c'en est fini, qu’on va « larguer »

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  AUTOPSIE DE LA GUERRE D’ALGÉRIE  page 456   Edition    France Empire  Philippe Tripier  1972       (Copie)

                Le 22 juin, nouvelle rencontre, cette fois entre Si Salah et le colonel Jacquin. Le G.P.R.A. a fait savoir publiquement l’avant-veille qu’il acceptait d’envoyer en France une délégation, en mission exploratoire. Si Salah se dit persuader qu’il s’agit là d’un acte de propagande, sans intention de négocier réellement. Il confirme son intention de se rendre en Kabylie. 

Le 4 juillet, effectivement, le « colonel » Si Salah passe en Wilaya 3. Il y rencontre le « colonel » Mohand Ou el Hadj qui fait bon accueil à son hôte. Ayant consulté ses subordonnés, le chef de la Wilaya 3 accepte le projet de cessez-le- feu, malgré la rencontre de Melun qui, il est vrai, vient d’échouer.                       Ce voyage ne manque pas de pittoresque. Un soir, le « colonel »  Si Salah déguisé dans un uniforme de harki dîne en compagnie du colonel Jacquin au mess des officiers de Tizi-Ouzou, P.C. du général de Camas...

Mais que pouvait la belle obstination de Si Salah et de ses compagnons, à contre-courant des événements déclenchés par l’appel du 14 juin *?

Entre-temps la rencontre de Melun avait achevé de renverser le climat politique. Le premier à s’aviser de la nouvelle tournure des choses, de la primauté reconquise par le G.P.R.A., fut le « commandant » Mohamed, l’adjoint militaire de Si Salah, — celui-là même qui s’était présenté avec lui devant le général de Gaulle.

Resté en Wilaya 4 tandis que Si Salah se faisait accompagner en Kabylie par son adjoint politique Halim, Mohamed réalisa l’urgence qu’il y avait à opérer une reconversion. Il fit alors son « autocritique » devant ses subordonnés. Passant aussitôt à l’épuration, il fit arrêter et exécuter ses principaux complices, à commencer par Lakhdar et Abdelatif. Il fit assassiner Halim à son retour de Kabylie. La plupart des cadres de la Wilaya 4 compromis dans l’affaire furent, sur son ordre, suppliciés et mis à mort, ainsi que leurs complices réels ou supposés. Il y eut, d’après certaines sources, plus de 400 victimes *. * Procès du Général Challe

Quant à Si Salah, le commandant Mohamed l’ayant intercepté à son retour de la Wilaya 3 le garda prisonnier, probablement dans l’intention de se disculper plus tard en obtenant du G.P.R.A. la condamnation publique de son ex-chef de Wilaya.

En décembre 1960 on apprendra que Si Salah est encore traîné de geôle en geôle à la suite de Mohamed, qui commande la Wilaya.  C’est en cette situation de prisonnier de l’A.L.N. qu’il trouvera la mort par hasard, dans un combat aux environs de Bouira, le 20 juillet 1961.  Dès lors Mohamed restera le seul vivant des promoteurs du projet de reddition, et le seul rebelle témoin de l’entrevue de l’Elysée.

En exécution d’un ordre exprès, un coup de main sera monté contre lui, sur renseignements, par les services spéciaux français, le 8 août 1961 à Blida : il y sera tué .

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*Que pouvait espérait, un militaire Français de Vouneuil Sous Biard  prisonnier du  F.L.N ?  Dans cette même région, pendant cette même période ?.

 « Heureusement certains ? voir  copies ci dessous» .. sont revenus

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L’Ancien d’Algérie N° 309   1992  J’ai rencontré pour vous       par Gérard Marinier

 

Jean Guirriec  a été prisonnier du FLN pendant neuf mois

  A quelle époque êtes-vous parti en Algérie et quels ont été vos premiers contacts avec les réalités de la guerre ?

           - Le 3 septembre 1957, j'ai été incorporé au 3e RIC à Maisons-Laffite où j'ai fait mes classes pendant quatre mois. Et puis, je suis parti en Algérie sur le piton de Tazamount, dans les environs de Ténès, en Algérois. Là-bas, j'étais au 22ème R.l. et je suis tout de suite parti pour quelques opérations. Nous sortions souvent et les accrochages étaient nombreux.

    Avez-vous un souvenir particulièrement brûlant ?

              - J'ai voulu donner un coup de main à un gars qui venait d'être blessé. Il avait reçu une balle dans le mollet qui l'empêchait de marcher. Alors, je le portais sur mes épaules pour essayer de traverser un oued tandis que les fells continuaient à nous tirer dessus. Ce n'était pas très facile. Tout d'un coup, j'ai vu le sang jaillir de sa bouche et il s'est affaissé derrière mon dos. Il était mort. Il venait de recevoir une balle dans le cou qui lui avait été fatale. Quant à moi, j'ai eu le pouce traversé par une balle ou un éclat de je ne sais quoi mais sans conséquence très grave.

   C'est au cours de cette même opération que vous avez été fait prisonnier. Comment les choses se sont-elles déroulées ?

              - C'était le 24 février 1958. Comme nous le faisions souvent, nous descendions au ravitaillement de bois pour alimenter cuisines. Les camions partaient pour  Ténès par les pistes avec une partie des hommes. Les autres marchaient à pied en prenant des raccourcis à travers le djebel. Ceux qui avaient été transportés par camion à l'aller revenaient à pied pour le retour et vice-versa. Ce jour-là donc, je faisais partie de ceux qui devaient revenir à pied. J'étais éclaireur de pointe et je marchais un peu en avant du groupe lorsque nous sommes tombés dans une embuscade et qu'on nous a tiré dessus sans que nous nous y attendions vraiment. Vingt-deux des nôtres, ont été tués. Je ne l'ai pas su tout de suite mais c'est le commandant de compagnie qui me l'a écrit beaucoup plus tard. Nous, bien sûr, nous avons tout de suite, riposté mais il était trop tard. Toujours est-il que je n'ai pas été touché mais les fellaghas m'ont attrapé et m'ont fait prisonnier en même temps qu'un autre militaire d'origine algérienne. Mais lui, ils ne l'ont pas gardé. Le lendemain, il a été égorgé. J'étais donc le seul prisonnier de cette opération meurtrière qui m'avait épargné. Mon pouce me faisait mal et les fells voulaient me le couper mais j'ai refusé et grand bien m'en a pris.

   Que vous est-il alors arrivé?

            Ils ont pris mon arme, bien entendu, et m'on1 interrogé pour essayer d'obtenir quelques renseignements tactiques. Je me  ouïs aperçu qu'ils connaissaient les Français  mieux qu'eux-mêmes. Ils savaient  le nom des officiers qui nous commandaient dans la compagnie. Ensuite, nous sommes partis pour une longue marche qui a duré trois mois  Tous les deux jours au maximum, nous changions de gardiens passant ainsi de mains en mains pour des raisons de sécurité. Ils ne me parlaient pas beaucoup mais ils m'avaient tout de même averti qu'en cas d'accrochage avec les militaires français, ce serait moi qui y passerait le premier. Nous ne nous déplacions que de nuit, parfois dans le sable, parfois dans la neige, une fois même derrière un chameau et c'était très pénible.      Dès le petit matin, nous nous cachions dans des grottes dont l'orifice n'était pas plus grand que le corps d'un homme. Pour y accéder, nous devions nous faufiler et ramper jusqu'aux caches qu'ils connaissaient par coeur. Là, ils trouvaient le ravitaillement que leurs amis y avaient déposé

Parfois nous dormions à  la belle étoile avec d’infinies précautions Jamais nous traversions de villages et nous ne rencontrions jamais personne. Je mangeais avec un garde à mes côtés mais ce n’était pas très bon ni copieux. Pois chiches, un peu de couscous, et c'est tout.

   En définitive, quel a été votre point de chute ?

             - Il a d'abord fallu franchir la ligne électrifiée construite par l'armée française tout le long de la frontière marocaine. Nous nous sommes donc retrouvés très nombreux dans la région de Colomb Béchar pour tenter de nous infiltrer par ce passage difficile.

Il y avait là beaucoup d'Algériens, y compris des blessés qui devaient sans doute aller se faire soigner au Maroc. A la première tentative, les mines ont sauté et nous n'avons pas pu passer. Alors, une draisine équipée de projecteurs et de mitrailleuses a circulé sur la voie ferrée pour tenter de nous repérer mais nous avons réussi à fuir. Une quinzaine de jours plus tard, nous avons effectué une seconde tentative dans un secteur différent. Là, nous avons réussi à passer. Le lendemain, nous avons vu des Français en opération dans la montagne. Les gardes m'ont passé des jumelles afin que je puisse les apercevoir mais eux ne nous ont pas vus. Et puis, nous avons traversé la frontière marocaine pour continuer notre marche jusqu'à Oujda où je me suis retrouvé dans une mechta avec quatorze autres prisonniers dont un Algérien. Au total, nous avons donc circulé trois mois et j'étais complètement exténué. Cependant, j'ignore totalement le nombre de kilomètres que nous avons parcourus.

   Combien de temps êtes-vous resté à Oujda et dans quelles conditions ?

             - Nous étions en pleine médina, tous dans la même pièce et gardés par des Algériens du FLN. Nous sommes restés là six mois sans bouger, sans sortir, dormant sur des paillasses avec une seule couverture. Ils nous avaient donné des cartes à jouer et de vieilles revues françaises pour nous aider à passer le temps. Chaque matin, deux d'entre nous étaient désignés pour sortir de la maison et aller laver la cour. Moi, j'étais dispensé en raison de ma blessure au pouce. Nous étions nourris un peu moins mal que durant notre longue marche mais ce n'était tout de même pas brillant. Nous mangions à cinq dans la même gamelle, un plat d'oignons, un plat de couscous, ou un plat de lentilles pour cinq !

Vous pouvez voir... Heureusement, personne n'a été malade. Nous avons pu envoyer une lettre à nos familles par l'intermédiaire de la Croix-Rouge internationale et nous avons même enregistré une bande  qui a pris le même chemin. Ce sont les Algériens qui ont eux-mêmes enregistré la bande et qui l'ont confiée ensuite à la Croix-Rouge.

             Au cours de l'opération où j'ai été fait prisonnier, j'avais été porté disparu. Mes parents n'ont su que très longtemps après que j'étais incarcéré au Maroc. Ils ont donc reçu ces messages avec soulagement mais aussi inquiétude. A Oujda, c'étaient toujours les mêmes hommes qui nous gardaient et je pense qu'il s'agissait de blessés en convalescence.

   De quelle façon avez-vous été libéré ?

             - Un matin, des chefs algériens sont venus nous annoncer que huit d'entre nous seraient libérés et qu'il fallait procéder à un tirage au sort. Moi, je suis sorti le huitième... Les autres n'ont été relâchés que trois mois après et cette journée a été très dure pour eux. Nous avons roulé toute la nuit pour arriver le lendemain matin à Rabat où nous avons été emmenés à la délégation du FLN. Ensuite, on nous a conduits au Palais Royal où nous avons été reçus par la soeur du roi Hassan II, la princesse Lalla Aïcha, qui était présidente d'honneur du Croissant Rouge marocain. En réalité, je pense que cette libération a été négociée en même temps que celle de prisonniers algériens par l'armée française. Toujours est-il que les représentants de la

Croix-Rouge internationale sont arrivés et que nous avons été pris en charge par elle.

Nous nous sommes alors rendus à l'ambassade de France où l'ambassadeur, M. Alexandre Parodi, nous a invités à déjeuner. Le soir même, nous prenions l'avion à destination de Villacoublay.

   Ce retour a Paris vous a-t-il valu votre démobilisation définitive ?

           - Non. Nous avons d'abord été dirigés vers l'hôpital du Val de Grâce pour un examen médical très complet et nous avons été interrogés par des gradés. Nous avons obtenu ensuite un mois de permission. Après, je suis reparti au camp de Satory à Versailles puis à l'hôpital Ambroise Paré de Rennes pour une mise au point sur l'état de mon pouce. Pour terminer, j'ai été muté à Quimper, près de chez moi, afin d'achever mes vingt-huit mois... comme tout le monde !

   Quel a été l'épisode le plus pénible de votre vie de prisonnier ?

           - Tout ! Cependant, la peur tient peut-être la première place. Lorsque nous avons été accrochés et que je me suis rendu compte qu'il ne fallait pas compter sur un apport de renforts, que je n'avais plus de munitions et que nous allions être massacrés, j'ai voulu me cacher dans un trou afin d'attendre le lendemain matin pour me sauver.  Mais les fells ont ratissé tout le terrain et ont fini par me trouver.

   Au cours de notre longue marche de trois mois, j'ai eu également très peur à de nombreuses reprises. Lorsque nous nous réfugions dans les grottes pour nous reposer durant la journée, j'ai pu voir des stocks de matériels français soigneusement collectés et rangés. Il y avait des chaussures, des vêtements pris sur les cadavres de nos soldats, mais je n'ai jamais vu de vraies caches d'armes. Pourtant, un jour, un chef algérien m'a montré quelques armes récupérées. J'ai reconnu la carabine U.S. d'un sergent chef de ma compagnie.

              De temps en temps, j'étais soigné par des infirmières algériennes qui venaient dans les grottes. Elles portaient une tenue militaire semblable à celle des hommes et s'occupaient de mon pouce en me donnant des médicaments. Je me souviens encore que les Algériens avaient coupé les crampons de mes pataugas afin que je ne laisse aucune trace sur le sol qui aurait pu être reconnue par les Français comme celle de chaussures portées par les nôtres. Mais elles m'ont lâché avant la fin et mes gardes m'ont donné de vieilles godasses récupérées je ne sais où pour continuer la marche. Je n'en finirais pas de vous raconter tous les détails de ce long épisode de ma vie militaire.

 

Mémoire vivante              La Voix du Combattant

       Hommage à Pierre ANDREUX,   décédé   en étant  prisonnier du FLN

                Pierre ANDREUX a vu le jour à Tremonzey, petit village des Vosges situé à quelques kilomètres de Bains les Bains, le 25 novembre 1935.

Avec Mme Anne-Marie THOUVENOT, directeur de l'ONAC des Vosges -aussi originaire de

Tremonzey- la Commission des Anciens Prisonniers du FLN a voulu rendre hommage à Pierre ANDREUX, mort en captivité en Algérie et à  tous les prisonniers du FLN.

                Dans notre département des Vosges, sur quatre prisonniers du FLN, on ne compte qu'un seul survivant. Pierre ANDREUX était ouvrier à la tréfilerie locale quand il fut appelé à faire son Service militaire en Algérie. Anne-Marie se souvient du jour où la terrible nouvelle est parvenue au village : "Pierre a été porté disparu le 4 février 1958".

                LA CAPTURE    Robert BONNET raconte : "Suite à la trahison d'un maréchal des logis, les soldats de l'ALN ont attaqué le poste de Laourane près de M'Sila (S.O.de Sétif). Les morts et les blessés sont restés sur place. Neuf prisonniers appartenant au 8ème RSA sont emmenés par les soldats de l'ALN.

                LA CAPTIVITÉ (Toujours selon BONNET) :

"Après plusieurs jours de marche, attachés, nous nous sommes retrouvés en Kabylie dans la forêt  de l'Afkadou. Nous logions dans des cabanes de feuillage faites par nous. Nous étions en zone interdite, donc vide de population.

                Nos journées, pour les plus valides, se passaient à effectuer des corvées : porter de lourdes charges, notamment du bois -nous avions souvent le dos meurtri- aller chercher de l'eau à l'oued situé à 200 ou 300 mètres avec deux seaux. Nous avons aussi effectué des tranchées pendant des jours entiers, ce qui mettait notre résistance à dure épreuve (manque de force en rapport avec la nourriture).

Pendant les corvées, certains de nos gardiens en profitaient pour nous tabasser, coups de poing, coups de crosse, coups de pieds. Ces coups nous étaient particulièrement assénés dans le dos et sur les parties du corps les moins visibles pour que le chef de nos gardiens ne s'en aperçoive pas.

Plus nous étions fatigués ou minés par la détention, dans l'impossibilité de réagir normalement, plus nos gardiens s'en réjouissaient et nous encourageaient en nous tapant dessus. Les déplacements, les marches, longues et harassantes (suite aux ratissages de l'Armée française), n'arrangeaient pas les choses.

Ces déplacements étaient effectués par temps de pluie, froid ou grosse chaleur et ceci pendant plusieurs jours (avec ou sans chaussures). Certains prisonniers avaient besoin de l'aide de leurs camarades.

Dans la nuit du 12 au 13 mars 1959 quatre prisonniers ont disparu, victimes du mauvais temps et de la fatigue (certains de nos gardiens n'en pouvaient plus eux aussi).

La nourriture était souvent rare, nous contraignant à manger des pissenlits, de l'ail sauvage et même des caroubes. Quelques prisonniers ont perdu jusqu'à 20 kg lors de leur détention.

Pendant toute la durée de la captivité, lors de nos déplacements, nous avions les mains attachées dans le dos, une corde nous reliant à quatre ou cinq. De ce fait si l'un d'entre nous chutait, il entraînait les autres. Nous couchions à même le sol, sur un sac de toile. Nous étions envahis par les poux, les puces et nous ne nous lavions pas très souvent.

                Les plaies contractées par les chutes, le manque d'hygiène, s'infectaient et ont causé la mort d'un par la gangrène, la malaria. La dysenterie était chose courante.

                Nous avons pu écrire à nos familles à condition de dire que nous étions bien nourris et bien traités.

Une lettre du Colonel AMIROUCHE accompagnait nos lettres et liait notre libération à celle de membres de l'ALN détenus par la France (ex : la  poseuse de bombes Djamila BOUIRED). Je possède cette lettre adressée à mes parents :

                "Madame Veuve Simone ANDREUX, Nous vous informons que votre fils Pierre qui se trouvait au Poste de Laourane (près de M'Sila) est tombé entre nos mains après l'assaut livré par nos bataillons contre ce Poste le 4 février 1958. Il ne tient qu'à vous de mettre fin à sa détention car nous sommes prêts quant à nous à procéder à un échange de prisonniers sous l'égide de la  Croix-Rouge Internationale.

                Votre devoir envers votre fils et envers tous ses camarades doit vous incitera remettre cette lettre à la presse éclairée de votre pays, à alerter ainsi l'opinion publique et décider votre gouvernement à agir pour régler le douloureux problème des prisonniers et mettre un terme à la guerre de reconquête menée contre le peuple algérien.

                Pour le moment, votre fils est bien traité et pour vous en assurer, il vous appartient d'entrer en vie de votre fils et celle de ses camarades répondront de la vie de nos frères qui sont inhumainement traités dans vos geôles et vos camps et de notre sœur Djamila BOUIRED que votre gouvernement veut exécuter.

   Cette lettre est un cri d'alerte. À vous d'en tirer profits! vous ne voulez pas perdre votre fils.

Pour le Comité de la Wilaya III            Le Commandant AMIROUCHE"

 

                Robert BONNET se souvient de ses camarades de captivité dont le lieutenant DUBOS : il a été fusillé. Un autre est mort d'épuisement après avoir perdu la raison, un troisième est mort de congestion, trois ont été égorgés, un autre enfin a été étranglé en pleine nuit. Quant à Pierre ANDREUX, il a été emporté par la gangrène suite aux mauvais traitements. C'est le 18 novembre 1959 que Pierre ANDREUX a été déclaré : "Mort pour la France".

Robert BONNET ajoute  LA PÉRIODE POST-LIBÉRATION

                "Libéré le 18 mai 1959, après 15 mois et demi de dure captivité, j'ai été hospitalisé à Tizi-Ouzou puis à Marseille. Il y a eu une enquête sur le lieu et les conditions de détention."

CONCLUSION "une grande amertume. J'ai senti qu'on veut nous oublier, on gêne. Des entretiens sur les chaînes de télé et à la radio nous sont refusés. Tous nos parlementaires promettent de s'occuper des Anciens d'Algérie, mais nous attendons toujours un statut spécifique des Anciens Prisonniers du FLN, comparable à celui des Anciens Prisonniers du VietMinh. Il faut faire vite car chaque jour qui passe incruste le sentiment d'oubli au cœur des Anciens  Prisonniers du FLN."

 Copie            Yves LEPREUX, Prisonnier du FLN en 1961

Yves LEPREUX est né à Béthencourt (Nord) le 25 décembre 1938. Il est tulliste lorsqu'il est appelé au Service militaire en janvier 1959. D'abord dirigé sur Berlin, il est affecté au 1er régiment de Dragons à Trêves, puis passe à Saumur. Désigné pour servir en A.F.N., il embarque à Marseille le 22 février 1960 et rejoint le 29e régiment de Dragons.

                Débarqué à Bône, il découvre sa nouvelle unité chargée de la surveillance de la Ligne MORICE dans le secteur de La Galle (frontière tunisienne, au nord du Bec de Canard. Pour ceux qui ne l'ont pas connue, disons ce qu'était la Ligne Morrice, barrage électrifié destiné à interdire les infiltrations de bandes du F.L.N. et les livraisons d'armes : elle épousait toutes les dénivellations du terrain le long de la frontière, mais s'en éloignait parfois, ce qui créait un no man's land à l'avant d'un réseau de fils barbelés implanté sur 10 mètres de profondeur et miné. Ce no man's land était très fréquenté par les moudjahidine (combattants avec une arme de guerre) que nous appelions les fellaghas,  habiles au camouflage. À l'arrière du barrage électrifié, qui faisait circuler plusieurs milliers de volts, un autre réseau de barbelés dans lequel pouvaient pénétrer les troupes amies. Le Génie était chargé du maintien en état de la  Ligne Morrice; d'autres unités, comme les Dragons et les Spahis, en assuraient la surveillance et en interdisaient le franchissement par les bandes de  l'A.L.N. basées en Tunisie.

                 Les patrouilles du 29ème Dragons sont d'une trentaine d'hommes à bord de deux  half-tracks, deux automitrailleuses et une Jeep. Leurs consignes sont de  repérer et de signaler les destructions (les fells utilisaient des bengalors pour éventrer les barbelés et couper le barrage) et de répliquer à tous. harcèlements. La nuit, des phares à longue portée (14 km) balaient le barrage depuis  les pitons voisins. Très volontaire, Yves LEPREUX participe régulièrement aux  patrouilles et, comme chauffeur, il effectue aussi le ravitaillement de son unité  en essence et munitions depuis Yusuf.

                 Le 1er  juillet 1960,18 mois après son appel sous les drapeaux, il devient un  soldat maintenu. La famille LEPREUX a quatre fils, dont trois ont connu les combats d'Algérie : l'aîné Georges, ne en 1932, y fera plusieurs séjours comme  C.R.S.; Claude, ne en 1934, connaîtra les gorges de Palestro; leur plus jeune frère, Didier né en 1945, appelé après 1962, sera Béret Rouge à  Castelnaudary. On peut imaginer les angoisses, répétées au fil des années de  guerre, de la famille LEPREUX, angoisses portées à leur paroxysme lorsque les  parents apprennent que leur fils Yves "est porté disparu en opération contre les rebelles, dans la région d'Oum-Teboul (Secteur de La Calle) le 21 janvier  1961"...

                Lors de son départ à l'armée Yves LEPREUX, marié, habitait Saint-Vaast-en-Cambrésis et c'est dans cette commune que la nouvelle officielle arrive. Le terme disparu est interprété au tragique et le Maire de Saint-Vaast fait mettre  en berne le drapeau de la commune pendant trois jours... Aucune nouvelle du  disparu n'arrivant en France, le nom d'Yves LEPREUX est même gravé sur le  Monument aux Morts : "Mort pour la France".    Pourtant, et heureusement,

                Yves LEPREUX est vivant. Sa patrouille est tombée dans une embuscade et il  est prisonnier en Tunisie. Il le restera toute une année, sans qu'aucune nouvelle ne filtre sur son sort, ni sur sa survie.  Que s'est-il passé?

                Yves LEPREUX a participé aux patrouilles de son peloton les 17,18 et 19 janvier; il est encore volontaire le 20 et insiste pour "monter" aussi le 21 janvier.  La veille, le 4ème peloton est en action depuis 17 heures et doit le rester jusqu'à une heure du matin; à ce moment de la nuit il est relevé par une patrouille semblable du second  peloton, mais, en raison des harcèlements répétés subis depuis plusieurs heures, il  reste en renfort de la patrouille montante. La patrouille du 4ème peloton tombe dans une embuscade à trois heures du matin, entre Oum-Teboul et Lacroix. Le terrain, très accidenté, comprend quelques anciens abris de bergers abandonnés, parfois utilisés par les Spahis en chouff (chouff, terme arabe, guetteur. D'où, en jargon militaire, chauffer, observer en restant camouflé). La patrouille ne s'en méfie pas assez et, alors que le phare du piton voisin éclaire parfaitement et malencontreusement- le H.T. BEL GIQUE, dans lequel se trouve Yves LEPREUX, et le H.T. PROSNES, ceux-ci sont atteints par des  roquettes tirées depuis les abris de bergers : BELGIQUE reçoit pour son compte cinq obus de  bazooka accompagnés d'un feu nourri d'armes automatiques. Les half-tracks vont au fossé et un combat inégal s'engage avec des assaillants très  nombreux. Du premier H.T., seuls le mitrailleur  avant AUGUEMAR et le chauffeur LEPAGE (deux Bretons) réussiront à rejoindre le piton ami, Le chef de bord Moïse DORIZON (d'Artannes-sur-Touet-49), le mitrailleur arrière Yves LEPREUX blessé par  balle au niveau de l'aisselle gauche et du bras gauche et trois harkis; KALIDADA grenadier, MANSOURI voltigeur, et Mohamed SENDZAC sont finalement faits prisonniers.

                 Du second H.T., aucun survivant : le vendéen PUAU a été achevé à l'arme blanche par les fells. Ils exigent de l'a/ou/ du  désert (sanglier) qu'il chante pour eux et Yves LEPREUX, prenant tous les risques d'une exécution sommaire, entonne La Marseillaise !

                Aussitôt, les prisonniers arabes sont séparés des autres Français. Yves LEPREUX est emmené avec son camarade Moïse DORIZON pour une longue marche de trois jours en territoire tunisien. Sans doute vers Tabaraka car Yves se souvient avoir lu une pancarte indiquant LA CALLE - 32 km. Sa blessure a reçu un pansement, mais on lui refuse à boire; les prisonniers devront étancher leur soif avec l'eau des ornières du chemin.

                Quelques jours après, ils sont rejoints par Guy HURTEAUX (de Verton - 44) du 4ème escadron de Dragons, fait prisonnier dans le même secteur de Roum-es-Souk; puis par Raymond PROTH (de Boulenge - 57) : le 21 janvier, une autre action ennemie avait grièvement blessé ce soldat du Génie, en train de réparer le réseau électrifié,atteint par un obus de bazooka qui lui avait déchiré tout le côté droit sur 10 cm de largeur, il avait été transporté en Tunisie à bord d'une 403 et soigné dans un hôpital FLN. En mars 1961, cinquième prisonnier : Jean-Claude SAILLET (de Beaulieu-Madeure-25). Ce Spahi était resté attaché 8 jours à un arbre après sa capture.

                Ces cinq prisonniers français resteront ensemble jusque fin décembre.

L'attitude des fellaghas est correcte vis-à-vis de leurs prisonniers, à l'exception de la correction infligée à Yves LEPREUX et Moïse DORIZON après leur tentative d'évasion, Les Français se trouvaient alors enfermés dans un grand hangar partagé en trois parties par de solides cloisons : une pour nos prisonniers, une pour des harkis prisonniers et la troisième pour une troupe de l'A.L.N.  De loin, LEPREUX et DORIZON ont aperçu une fenêtre...qui  leur donne l'idée folle de s'évader. Ils essayent de  l'atteindre en progressant sur la charpente du hangar, mais un gros morceau de bois qui chute  donne l'alerte. On se saisit des fortes têtes qui  voulaient s'évader, on les assoit sur une chaise,  les mains attachées derrière le dossier; une corde enserrant les chevilles est tirée devant eux et par dessus leurs épaules, les maintenant plies en  deux. Et, dans cette position, ils sont battus à  coups de cannes et de tuyaux de caoutchouc. Le  Commandant du Camp assure, ironiquement,  que, s'ils arrivent à s'évader, il leur laissera  24 heures d'avance...

                Après cet épisode douloureux, les prisonniers  sont transférés dans une cache souterraine solidement protégée contre toute attaque aérienne (troncs d'arbres, pierres, béton et terre de camouflage) où ils resteront quatre mois sans voir le jour. Ils disposent d'une natte pour deux d'une couverture par homme, d'un bidon de 5 litres pour leur toilette et d'un seau de 10 litres avec un quart pour boire. Durant huit jours, la nourriture sera composée de flocons d'avoine pétris avec de l'huile et du piment rouge : ce n'est ni tonique ni  appétissant !... Cinq lieux de détention se succéderont; chaque fois, les déplacements se feront de nuit et les cachots seront presque toujours souterrains. Le 21 juillet (?) ou le 21 juin 1961, un avion français survole en rase-mottes l'un des camps FLN (qui, dans sa cour fermée de hauts murs, arbore le drapeau tunisien) où les prisonniers pensent à signaler leur présence en dessinant les lettres P.G. avec leurs couvertures, mais ils doivent immédiatement rentrer à l'intérieur et, lors d'un second passage de l'avion, alors que le drapeau algérien a remplacé le drapeau tunisien, la D.C.A. ennemie abat notre avion.

                 Le Commandant  du Camp convoquera dans son bureau LEPREUX et  DORIZON, les Récalcitrants, pour leur présenter fièrement le tableau de bord de notre avion. On se souvient que le Gouvernement français fera pression sur là Tunisie pour que le pilote fait prisonnier lui soit rendu et que le G.P.R.A. devra céder à l'exigence du gouvernement tunisien.

                Les journées se suivent, interminables et sans  nouvelles. Pas de courrier, bien sûr, puisqu'il  sont au secret : leur existence est ignorée des  autorités françaises. Les Algériens leur ont bien remis du papier et un crayon et les ont incité à écrire à leurs familles, mais les lettres ne sont jamais arrivées en France. Il semble bien que cette incitation à écrire n'était destinée qu'à estimer le moral des prisonniers. Le papier a finalement servi à confectionner un jeu de cartes. Les prisonniers ont même limé des cailloux pour se constituer un jeu de 421... Aucune sortie des Français n'est tolérée, même pour laver leurs gamelles : celles-ci sont ramassées par les gardiens et rendues ensuite. Le menu frugal ordinaire n'est amélioré qu'une seule fois, par des sardines et des frites : ce jour-là, 1er  novembre 1961, le FLN fête le 7ème anniversaire du début de la rébellion (marqué  dans les Aures par l'assassinat, à Tighanimine, d'un couple d'instituteurs français, M. et  Mme MONNEROT).

                Deux mois après, sans aucun préambule, un officier de l'A.L.N. ancien adjudant de l'Armée française, vient annoncer à HURTEAUX et LEPREUX la prochaine libération. Le même jour, 31 décembre 1961, ils sont conduits à Tunis sous escorte après avoir fait le tour de la ville, ils sont introduits dans le Palais du Bey de Tunis transformé hôpital. En présence de leurs gardiens kabyles, un couscous leur est servi, dans une feuille de chou.

                C'était leur premier couscous mangé en Afrique  du Nord!

                Le même jour, le représentant de la Croix Rouge Internationale, M. GAILLARD, vient les chercher et  les conduit au Consulat Français. Là, c'est le  Consul qui les reçoit à sa table. Détail original : le repas est servi par un Chinois. Dès 15 h, le Consul conduit les deux soldats français à l'aéroport et un Caravelle régulier d'Air France les emporte vers Le Bourget.

                 La nouvelle de leur libération a filtré jusqu'à la  presse française, mais les reporters qui les attendent au Bourget ne les verront pas, l'avion les a déposés en bout de piste où attendaient trois ambulances militaires. Direction, le VAL de GRÂCE où ils arrivent à 17 h. Ils y restent quelques heures, sous la surveillance de policiers.

                Examen sanitaire sommaire et réponses aux multiples questions des officiers du 2ème Bureau. Eux  aussi voudraient bien poser des questions pour se  remettre à jour : ils ignorent tout de l'évolution des officiers du 2ème Bureau. Eux aussi voudraient bien poser des questions pour se "remettre à jour" : ils  ignorent tout de l'évolution de la guerre d'Algérie depuis leur capture, il y a un an et, bien sûr, l'existence des pourparlers d'Evian. Mais ils sont tout à l'émotion et à la joie d'être libres et de savoir qu'ils retrouveront leurs familles dans quelques heures...

                Pour Yves LEPREUX, il est 22 h. à la Gare du Nord quand le Commandant GAZEILLES lui donne 50 F d'argent de poche et le fait monter dans le train, qui le reconduira dans le Nord. Mais Yves aperçoit sur le quai des silhouettes et des visages connus,  il interpelle ces personnes qui courent le long du quai, à sa recherche... Il y a là son frère Georges, sa sœur Odette, sa femme, et M. DELVALLET, un reporter de La Voix du Nord : ils ont été prévenus et ils sont venus ! Inutile de décrire la scène !

                     Henry MONTIGNY, de l'U.N.C. N°1642    UNC AFN

N.D.R.L: Le plus grand flou a entouré la libération de ces soldats. Yves LEPREUX et Guy HURTEAUX ont-ils constitué une monnaie d'échange du G.P.R.A. vers le gouvernement français au moment de l'élargissement de BEN BELLA? Ils l'ont supposé puisque leurs camarades de détention n'ont été libérés eux qu'après la signature des accords d'Evian.

                Quoi qu'il en soit, Yves LEPREUX, ex-prisonnier du FLN, a malheureusement été salué par des réticences voire des diffamations alors qu'il s'est battu courageusement et que personne n'a pu intercéder pour obtenir leur libération anticipée.

Ce n'est que 30 ans après, en 1993, que la Carte du Combattant et le TRN lui seront accordés.

                Actuellement, sans rancœur, Yves LEPREUX est porte-drapeau de la section U.N.C.-A.F.N. de Béthencourt et il participe activement à la vie de sa Section.

 

 Le  Journal des Combattants          N° 2449         2 mars 1996

        Guy Huel, ancien appelé d'Algérie a décidé de se battre pour ses camarades qui furent prisonniers des fellaghas. Ce militant de l'UNC (Châtillon sur Saône, Vosges) ne décolère pas... "Bien sur, on a donné la Légion d’Honneur aux deux pilotes prisonniers des Serbes.

                Mais rien n'a été fait pour nos 100 ou 150 camarades survivants de la captivité du FLN... Leur rétention a été pénible, leur peur d'être massacre était permanente, rappelez vous que 300 ï'entre eux ont été exécutés. L'Etat ne leur a même pas remboursé leur montre et leurs objets qu'on leur a pris. Un d’eux a, même du repasser les épreuves du permis de conduire, l'armée lui ayant refusé un duplicata. Je possède un grand nombre de témoignages qui doit permettre de réparer cette erreur, et nous espérons que le  Journal des Combattants" va nous aider... Je crois que l'équité imposerait de donner à ces 100 ou 150 P.G. des fellagha le statut des prisonniers du Vietminh... ".

        Fournier François (né le 28 février 1932 à Nancy), 22ème RTM  3ème Bataillon, sergent-chef capturé le 26 février 1958 entre Aflou et Tiaret (lieu-dit La Fontaine). "La compagnie en déplacement a eu sa section de tête qui est tombée dans une embuscade. J'étais le sous-officier adjoint. Inférieur en nombre, nous nous sommes mis à répondre. Certains des camarades ont été tués comme André Jeandel de Rugney  dans les Vosges. D’autres ont été blessés. Nous avons résisté  jusqu'au moment où nous avons été submergés. Nous avons été emmenés dans la montagne.

                  Nous nous sommes retrouvés à quatre européens Joseph Szewczyk, Gaston Poitreau, Yvon Jacquey et moi-même. Et aussi plusieurs musulmans. Nous avons été séparés et nous ne nous  sommes jamais revus... La nourriture  manquait. J'ai perdu 18 kilos pendant ma captivité... ".

  L'interviewé répond à la question  "Avez-vous particulièrement souffert ?" par

 "C'est à l'intérieur et ne peut s'exprimer".

                  Prisonnier le 26 février 1958, il n'a été libéré que le 19 février 1959, grâce à l'intervention de la fille du Roi du Maroc Aïcha, présidente de la Croix Rouge marocaine. "Nous avons été conduits  au consulat de France à  Oujda...".

        Voici la fiche de Jean-Pierre  Marchand, né le 24 septembre 1935 à Epemay, 22ème RTA, 3ème Bataillon, 6ème Compagnie, caporal. "Envoyé en commando, 38 hommes par véhicule, qui, après une nuit dans le djebel, attaque quelques Raïmar où sont  récupérés deux prisonniers. Au retour accrochage avec une  Katiba. Pas de contact radio, les "chanels" ayant changé le 1er mai, personne n'était resté à  notre écoute sur l'ancien. Aucun  renfort n'est à espérer. Ce sera vite la débandade. 50% de notre effectif sera tué ou aura disparu.

                 Parmi nos morts un lieutenant,  trois sergents dont un déserteur, deux caporaux et des hommes de troupe parmi lesquels plusieurs amis,  les soldats Mercier, Gaude, Marjollet, Dubuis, Cottin et Amida, tous tués... J'ai du  marcher vers l'ouest, chaque  nuit. J'ai passé près de Colomb  Bechar, la ligne du Maroc où j'ai  été détenu dans une maison d'Oujda que je n'ai pas quittée de mai à décembre 1958. Je n'ai pas été trop mal traité. Mais je ne pouvais pas sortir, pas d'exercice. Je dormais 17 heures sur 24.

                Nous étions trois prisonniers à nous partager deux tapis. J'avais mes sandales pour oreiller... Ce qui m'était le plus pénible, c'était d'avoir toujours le canon d'un fusil dirigé vers moi. Les propos des geôliers étaient d'une grande cruauté... Nous n'avions aucune lecture. On avait juste réussi à fabriquer nous même quelques jeux de société. Ma libération a eu lieu en grande pompe en présence de la soeur d’Hassan II, Leïla Aïcha. Il y avait là un  grand nombre de journalistes français et étrangers convoqués  par la légation du FLN  à Rabat...

 Ils nous ont remis à la Croix  Rouge, puis nous nous sommes  retrouvés à l'ambassade de France". "Que pensiez-vous de  vos adversaires ?" "Ils étaient beaucoup mieux organisés qu'on  nous l'avait dit...".  

                 Une autre fiche : celle de Gilbert Fillieux, né le 10 octobre 1936 à Flagy. 65ème RA, 10ème batterie, soldat de 1ère classe.  Tombé dans une embuscade,  près d'un piton au douar Béni  Bouattar, près de Blida. « Après  ma capture, nous avons fait  beaucoup de marche. Avec les camarades nous racontions nos  souvenirs de France. J'ai été  blessé mais l'administration n'a  pas voulu reconnaître mon  état...". L'ancien soldat de 1ère classe déclare que la vie est très dure. Il a adressé une liste de  camarades de détention...

                 Ici la fiche de Jean Dziezuk né le 26 septembre 1936 à Nancy, 22ème RTA, 10ème Compagnie,  caporal. Tombé dans une embuscade en allant à la rencontre d'un convoi pour l'ouverture d'une route dans la région d'Aflou, département de Tiaret. Deux amis tués : le caporal Gaudel et le 2ème classe Fitas...

   "Avec d'autres camarades prisonniers, le sergent chef  François Fournier et Medeler Ali nous nous sommes sans cesse déplacés. Cela a  duré  du 26 février au 26 mai 1958... Puis nous avons été mis dans une seule pièce où nous avons vécu à 14 pendant 6 mois. Nous dormions par terre, couchés sur une descente de lit et nous avons eu froid. Nous pouvions faire quelques pas hors de notre chambre seulement une fois par semaine. Nos gardiens ne nous répondaient pas. L'un d'entre nous, Maurice Borel, a été tabassé... Nous avons été remis le  3 décembre 1958 à la Croix Rouge Internationale (après 9 mois et 4 jours)...

   Gaston Poitreau a, lui, envoyé des articles publiés dans la presse lors de sa libération. Classe 56-2A agriculteur de la Nièvre, P.G. du 26 février au 3 décembre 1958, notre confrère le regretté Xavier Grall écrivait : "C'est toujours  quand on s’y  attend le moins qu'on se fait prendre.  Cette phrase que j'avais souvent  entendue, en Algérie, pendant mon rappel, me revenait en  mémoire pendant ma conversation avec le caporal-chef Poitreau, l'un des prisonniers libérés par le F.L.N. Entre Aflou et Tiaret, des noms obsédants qui  reviennent toujours dans les  communiqués de guerre, le caporal-chef Poitreau conduisait l'un des deux G.M.C. qui, avec une automitrailleuse et un half-track, participaient à une ouverture de  route. L'ouverture de route est  l'une des tâches que connaissent  bien les soldats d'Algérie. La  nuit, les routes appartiennent à l'insécurité. A l'aube, les soldats les rendent à la vie en y patrouillant et en y chassant les mauvais présages ou...  les rebelles. Le convoi roulait à une vitesse normale. Les sept soldats musulmans et les quatre soldats français, l'arme au poing, regardaient défiler le paysage. Pas longtemps. Le  chauffeur  de l'half-track freina soudain et stoppa. Il y avait un trou sur la route. Etait-ce une mine ? Tout le convoi s'immobilisa et on alla regarder. La route avait bien été piochée mais il n'y avait nulle trace de mine.

   - Rembarquez. !   Ils redémarrèrent lentement, dominés par les pentes escarpées de la montagne, roulant à travers les gorges sans trop d'appréhension. Un trou dans la route, il n'y avait pas de quoi faire des manières. Pourtant, à 200 mètres à peine de ce pauvre trou, à un virage, les armes crépitèrent dans le matin.

   Le chauffeur Poitreau saisit son pistolet-mitrailleur, un Mat 49, s'élança dans le fossé et tira, tira. La mitrailleuse de l'half-track ne répondait pas. Le chauffeur avait été tué le premier.

"C'est toujours quand on ne s'y  attend pas que l'on se fait  prendre". Poitreau ne pensait même pas à la guerre. Quand on aime on ne pense pas à l'amour. C'est après qu'on y songe. Il tira.

Un vacarme fou. Cela tirait de partout, comme des voix qui se  répondent, comme des appels d'animaux. Il ne fut pas le premier à lever les bras en l'air. Il y  avait quatre morts sur la route.

                Deux français, deux musulmans. Les hommes sont fraternels dans la guerre et la mort.

Ils laissèrent les morts sur la  route. Il ne fut fait sur leurs corps aucune injure. Les rebelles  étaient trente environ, ils étaient habillés comme Poitreau et ses camarades. Avec des treillis. Ils avaient les mêmes armes : F.M, révolvers  Garant. Très bien armés.

   - Ne faites pas les imbéciles. On ne vous fera rien. On va vous mettre en lieu sûr

     Certains parlaient très bien le  français. Ni Poitreau, ni ses camarades ne songèrent à s'enfuir. Du moment qu'on ne les avait pas fusillés tout de suite, ils pouvaient avoir de l'espoir. C'est le soir, après avoir marché des heures et des heures, que les rebelles procédèrent à la fouille.  On leur enleva tout : portefeuille, montre, souvenirs personnels. Ils changeaient de peau.  Le caporal-chef Poitreau n'avait  plus de nom, plus de matricule. Il entrait   dans   une   autre condition : Poitreau, Gaston,  vingt et un ans, prisonnier de guerre. Ils dormirent le soir à la  belle étoile. Il faisait froid. Froid dans leur fatigue, dans leurs rêves, dans leur défaite.

                Pourtant, lui, Poitreau, n'avait pas perdu une goutte de sang et il entendait le battement de son cœur. Ils étaient onze. Sept musulmans de l'Armée Française et quatre Français métropolitains. Le lendemain, d'autres rebelles vinrent les séparer : musulmans d'un côté, Français de l'autre. Ils ne revirent plus jamais les rebelles de l'embuscade, ceux-là étaient repartis guetter la route, et faire hurler les mitraillettes.

                  Ils repartirent bientôt. Les étoiles disaient que c'était vers l'ouest. 

                 Les quatre Français marchèrent vingt jours. Toujours la nuit, toujours le djebel, jamais par la piste. Les marches étaient entrecoupées de haltes. Quinze jours ici, quinze jours là. D'une mechta à l'autre. D'un refuge à l'autre. Jamais de sévices, ni de coups, ni d'injures, mais des marches exténuantes, en moyenne 45 kilomètres par nuit. Poitreau un jour calcula qu'ils   avaient dû faire 75 kilomètres en une nuit.

                 Des jambes c'est ce qu'il faut quand on est prisonnier du F.L.N. Cela dura jusqu'au 1er mai. Ce jour-là, les quatre prisonniers furent enfermés dans une maison en dur. On leur donna des couvertures. Sur le sol, un grand tapis. Au fond, une cour avec une douche et des waters.

                Les jours passèrent. On ne venait  plus les prendre la nuit. Ils étaient en prison, ils n'ont jamais vu l'extérieur. Ils ne sortaient jamais. Les mois passèrent. D'autres Français vinrent les   rejoindre. Bientôt ils furent onze. Tous des appelés, sauf un soldat musulman et un sergent-chef d'activé, le chef Fourmier, marié et père de deux enfants. Les gardiens leur avaient donné des jeux  de cartes et quelques magazines.

                 Ils meublaient cette captivité comme ils le pouvaient. Ils eurent  même   l'autorisation   d'écrire à leurs parents. Un jour, les gardiens leur remirent un magnétophone. Chaque prisonnier fut invité à lire un message qui s'enregistrait sur la bande magnétique. Ce message serait transmis à leurs parents par l'intermédiaire de la Croix-Rouge.

                  M. Poitreau père le reçut le 30 juillet 1958. La voix de son fils ne tremblait pas : "Mon cher papa, je vais bien. Je t'embrasse. J'embrasse aussi mon frère". De même les captifs furent autorisés à récrire chez  eux. Ils crurent vraiment que leurs lettres arrivaient à destination quand ils en  reçurent eux-mêmes. Sur l'enveloppe il y avait l'en-tête de la  Croix-Rouge.

                Alors ils surent qu'ils n'étaient pas coupés du monde et qu'ils verraient encore le jour et qu'ils seraient libérés. « On ne découvre qu’une fois la guerre mais on découvre plusieurs fois la vie". Ceci est l'une  des dernières phrases de "L'Espoir" d'André Malraux.

                  Au total, Poitreau passa sept  mois dans cette maison mystérieuse dont on a toutes les raisons de croire qu'elle se trouvait au  Maroc. Les   prisonniers étaient régulièrement et bien nourris, ce qui ne se serait sans doute pas produit s'ils s'étaient trouvés dans le maquis algérien.

                 Ils recevaient chaque jour un paquet de "Flor Fina " marque de tabac marocaine. Ils n'ont jamais entendu de bruits d'opération ni de vrombissement d'hélicoptères.

               C'est le 3 décembre que Gaston Poitreau et sept de ses cama rades sur les quinze reclus de la maison apprirent qu'ils allaient être libérés.     -Dépêchez-vous, on part dans une demi-heure.     Le temps de se laver. Ils n'avaient rien à emporter. On est nu dans la captivité. Le plus douloureux c'était de voir que sept camarades allaient rester là. On les avait peut-être tirés au sort.

                 - L'un d'eux pleurait, m'a dit   Poitreau et un autre se tapait la tête contre les murs.

                  On ne raconte pas les adieux de ceux qui ont souffert ensemble et qui se trouvent séparés brutalement. La porte enfin s'ouvrit sur Gaston Poitreau ; la porte, l'air, le ciel... Il faisait nuit. Des chiens hurlaient dans le bled.  Ils furent embarqués dans une fourgonnette Renault. Ils roulèrent toute la nuit et le lendemain furent remis à l'ambassadeur de France. Tous les journaux ont dit la suite.

                  - On a tous un peu vieilli, m'a dit Gaston Poitreau. Vous comprenez, sept mois dans cette baraque... et puis...    Et puis... il y a des choses qui n'ont pas besoin d'être dites pour être comprises... ".

     Lucien Louvet on vous  cherche    (A été retrouver son témoignages est paru dans un livre)

                Jean-Pierre  Marchand de 51190 Grauves a essayé de  retrouver des camarades d'infortune : "Trouvez ci-joint une photo  prise par un agent du F.L.N., lors de notre détention durant l'été

 1958. Nous sommes ici quinze, soit quatorze Européens libérés dans les six mois qui ont suivis  cette photo, et un Arabe dont la  voie s'est séparée de la nôtre au  moment de la libération.

                 L'heure de la retraite ayant sonné pour bon nombre, j'aurais  aimé revoir ces gars, depuis longtemps cela me travaille, j'en  ai revu quelques-uns ces temps- ci. Deux sont décédés, c'est certain mais d'autres restent sans traces.

                 Il s'agit de Lucien Louvet que je n'arrive pas à retrouver, en 58, Lucien habitait 22 rue Pinel à  Paris 13, depuis plus rien. J'aimerai retrouver et rassembler ces gars, et du coup, peut-être faire connaissance avec d'autres, car dans cette pièce où nous sommes photographiés et qui se situe à  Oujda au Maroc je connais le passage de cinq autres prisonniers, détenus trois ans.    Le fait n'est pas .banal et cela surprend beaucoup de monde quand au fil d'une conversation, je viens à parler que j'ai été "prisonnier du FLN", plus exactement et officiellement "détenu par les rebelles", nous ne sommes malheureusement qu'un petit nombre à être revenus, j'ai entendu un jour parler de 1000, ce qui m'est apparu énorme. J'aurai aimé éclaircir ce mystère et faire le point sur ce sujet. Je connaissais l'existence des 4 de Sakieh, nous la bande des 14, les 5 qui nous ont remplacés et sans doute quelques autres beaucoup moins médiatisés, mais le nombre doit être restreint... J'ai déjà, avec quelle joie, provoqué et réussi le rassemblement des copains de la section en 1976 et de deux Compagnies du Bataillon en 1993, chez. Moi,  car mieux centré géographiquement... ".

                 P.S. J'ai trouvé dernièrement, avec le concours bienveillant des Mairies et du Minitel, Yvon Jacquey et Maurice Borel. Je suis sur les traces, et espère trouver Jean Coulos, mais toujours rien sur Lucien Louvet.

                D'autre parti,  les cinq gars qui ont repris notre place dans la maison d'Oujda, sont : Maurice Lanfroy de Somme Yèvre 51330, Gérard Palisse de Coutisols 51460, Henri Garât de Bayonne 64, Marcel Braun de Strasbourg 67, André Robert de Rennes 35.Maurice m'a dit être en correspondance avec les trois premiers,   mais   malgré   des recherches, il n'a pu retrouver les deux autres Braun et Robert.

                J'ai également eu le récit de l'histoire d'un certain caporal-chef Bonhomme, prisonnier plusieurs mois et laissé pour mort lors d'un accrochage, qui s'en serait sorti...".

  Et voici le témoignage d'Yvon Jacquey, ancien prisonnier du FLN, à son domicile de Saint-Nabord, le 28 septembre 1995 -  par Guy Huel, président du Groupe UNC des Vosges en présence d'Auguste Colombain, président de la section de Saint- Nabord.

                Je m'appelle Jacquey Yvon,,„né le 19 décembre 1934  à Bucey  dans l'Aube. Au moment de ma  capture, j'étais domicilié à Chavelot (Pré Gérard) dans les  Vosges. J'habite maintenant a  Saint-Nabord.    - Dans quelle unité étais-tu au moment de ta capture ?    - 22 R.T.A., 10ème  Compagnie. J'étais 1ère classe et j'ai été capturé le 28 février 1958 par le  F.L.N.

                 - Quelles sont les circonstances de ta capture ? - Nous étions en ouverture de  route ; nous partions chercher un convoi. C'était dans les  Gorges d'Aflou. Au milieu de la  route, dans le bitume, les FLN  avaient fait quelque chose  comme un trou de mine. Tout le  convoi s'est arrêté.     - De quoi était composé le  convoi ?- Il y avait la section : c'est  tout. Nous étions entre les deux  parois. La jeep s'est arrêtée. Des  gars sont partis avec des poêles  à frire pour voir s'il y. avait  quelque chose. Tout s'est arrêté.   Au moment de repartir, les camions étaient au milieu, ils (les Felle) nous ont tirés dessus. Ils ont fermé les deux bouts : nous étions coincés dans une embuscade. Ils avaient des armes allemandes : des M.6.

                - Qu'avez-vous fait ?   - Pas grand chose : on a riposté.

                - Où étais-tu, toi ?   - Dans le fossé, près du camion. 

                - Qu'avais-tu comme arme ?     - Un F.M.

                - Vous avez riposté ?   - Oui et une rafale nous est passée au-dessus de la tête. On s'est dit : on est repéré, on va changer de coin. Le fossé n'était pas profond. Mon chargeur s'est fait tuer à côté de moi.    -                --             -  Comment s'appelait’il ?    - C'était un arabe du nom de Fitas.

                - Y a-t-il eu d'autres tués ?   - Oui, mais on ne les a pas vus, ils étaient plus loin. Il y avait le caporal Jeandel. Il habitait Rugney près de Charmes. Il y avait un Alsacien du nom de Hergot. On n'a pas bien vu les tués puisque les Felle nous sont tombés dessus. On était un petit groupe, on était pris. Et ils nous ont emmenés.

                  - Etaient-ils en uniforme ?   - Oui.

                  - Ils n'ont pas essayé de vous tuer ? - Heureusement non. Ils nous ont emmenés à pied à travers le djebel. 

                 - Où ?   - On a marché environ trois mois à travers le djebel, sans savoir où nous allions.

                - Avez-vous aperçu des patrouilles de soldats français ?    - Eh oui, on savait qu'ils étaient là et il y avait les avions. 

                 - Comment se  comportaient  les  fells, étiez-vous ligotés ?    - Nous étions attachés pendant la journée.   -   -  Les fells parlaient-ils français ?   - Oui, aussi bien que nous. Il y en avait aussi qui ne parlaient pas.

                - Après trois mois de marche, où êtes-vous allés ?   - On a passé la ligne à la frontière. On est passé à travers les champs de mines.

                - Y avait-il des passages délimités. ?     - Non, ils ont coupé dans les grillages et ils ont cherché les mines. Je ne sais pas comment ils s'y sont pris. On s'est alors retrouvés au Maroc. Après avoir passé une journée dans un bâtiment, nous avons été embarqués dans une voiture. Direction : mystère.

 C'est là qu'on a passé le reste de notre captivé : un an en tout.

                - Quelles étaient vos occupations ?    -  Pas  grand-chose. Nous étions tous enfermés dans une pièce. Nous avions tous les jours  la corvée d'aller laver le coin où ils étaient.

                - Vous étiez, bien sûr gardés continuellement par des gens bien armés. Discutiez-vous avec eux ?     - Ça arrivait.     - Ils vous menaçaient ?      - Non... non.  

                  - Les nuits devaient être terribles ?      - C'était long.

                 - Est-ce que vous pensiez que vous seriez libérés ou exécutés parce que vous  étiez l'exception ?

               - On ne savait même pas combien on était. On est arrivé par groupes... un groupe de cinq.

Il y en avait deux qui étaient déjà là. Ensuite il y en a deux qui sont arrivés et un tout seul après.

                 - Pendant votre captivité, avez-vous eu des relations avec vos familles ?

   - On a quand même écrit, je ne sais plus combien de temps après. J'ai réussi à donner des nouvelles disant que nous étions en vie.

                  - Vous deviez trouver le temps très long. A quoi pensiez vous ? 

                  - Ça vous remuait dans la tête ?    - Bien oui.

                 - Est-ce que vous suiviez la situation  en  Algérie,   par exemple, par la presse ?

                 - Il n'y avait pas de journaux, il n'y avait rien. On n'apprenait que ce qu'ils voulaient bien nous dire.   Tirage au, sort pour désigner les libérables

                - Certains d'entre vous ont-ils été malades ?

  - Heureusement non. Quelques-uns ont eu des furoncles mais il y avait parmi nous un infirmier militaire appelé.        - Ils vous ont dit que vous seriez un jour rapatriés ?

                - Un jour, ils sont venus, oui. Ils ont tiré au sort les premiers qui ont été libérés.

                - Et, bien sûr, tu n'en étais pas ?    - Bien non.

                - Vous aviez quand même l'espoir d'être libérés.    - Oui, mais quand ?

                - Vous n'aviez aucune nouvelle de vos familles, aucune nouvelle de France ?

                - Si, j'ai reçu quelques lettres qui sont passées par le Croissant Rouge.

                - C'était déjà un réconfort.

                - C'était un réconfort pour les parents surtout.

                - Vous étiez, l'exception. Il n'y en a pas eu- beaucoup qui ont été prisonniers comme vous.

                  -Il y a eu ceux de Sakieh avant nous.

                 - Vous ne vous attendiez pas à être exécutés un jour ou l'autre ?

                 - Ils nous l'ont dit une fois (Quelqu'un avait lancé une grenade dans un camp).

                -  Comment    étiez-vous habillés ?

                - Habillés ? Quand ils nous ont pris, on était en treillis. On a continué à marcher avec ça.

 Arrivés là-bas, au Maroc, ils nous ont donné, soit une culotte bouffante, comme eux, soit des  Bleus de travail. J'avais un petit bleu et rien ...aux pieds. Ça a été tant qu'on a été enfermé, mais quand on est sorti, on n'a pas pu supporter les godasses. Les gens devaient dire : Ils sont fous de marcher pieds nus dans la rue.

                  - C'était terrible. D'ailleurs vous n'étiez, pas comme les prisonniers des guerres précédentes, protégés par la convention de Genève?.

                   - Je ne sais pas. Ils auraient  pu nous descendre là, sur le tas.

 D'ailleurs, il y en a un qui m'a téléphoné récemment. Il était de la deuxième compagnie et m'a dit : vous étiez, un peu loin et on n'a pas pu vous rattraper. Heureusement car on aurait tous été descendus.

                 -A part la corvée, aviez-vous d'autres occupations ?

                - Non. Nous avions fait un jeu de cartes avec des bouts de carton.

                - De quoi avez-vous particulièrement souffert en attendant ?

                - D'être enfermés. On n'a pas vu le soleil pendant au moins 8 mois.

                - Avez-vous assisté à des combats ?    - Non, non.

                - Que savez-vous de vos gardiens ?    - Ils étaient deux et le propriétaire de la maison.

                 - Quand as-tu été libéré ?               - Le 28 février 1959.

                 - Avez-vous été libéré par la Croix Rouge?

                 - C'est le Croissant Rouge qui nous a pris en charge. Quand je suis revenu, il y a des gens qui sont venus me voir pour retrouver des enfants ou des maris. Des dames m'écrivaient. Et chaque fois il a fallu raconter la terrible aventure. Il a fallu que j'aille voir Mme Jeandel... et son fils était mort.

                - Est-ce que tu as été l'objet de soins particuliers par l'Office des Anciens Combattants depuis ta libération ? Est-ce qu'ils t'ont donné la possibilité d'avoir une pension ?

                 - J'ai téléphoné une fois. Je travaillais à Montefibre. Montefibre a fermé. J'ai réussi à retrouver du boulot à 58 ans et demi. J'ai téléphoné une fois aux Anciens Combattants à Epinal pour demander si en tant qu'ancien prisonnier du FLN pendant un an, on pouvait m'avancer l'âge de la retraite comme aux anciens de 45. On m'a répondu : "Vous n'avez, droit à rien".

                 - Donc tu n'as bénéficié de rien de spécial depuis ta libération ?    - Rien du tout.

                 - On ne t'a pas dit que tu pouvais prétendre à une pension spéciale ?

                 - Rien. On n'a même pas été capable de me rembourser, de me redonner ce qui m'a été volé.

On nous avait dépouillé de nos montres, de nos portefeuilles, du peu d'argent qu'il y avait dedans et du permis de conduire que j'avais passé à l'armée. Ils m'ont tout piqué.

                Quand je suis rentré, il m'a fallu repasser le permis de conduire. J'ai écrit à Verdun où j'avais passé le permis de conduire pendant mes classes. Le Commandant m'a répondu : "Non, on ne fait pas de duplicata".

                 - A lire le ministre, vous avez, été l'objet de nombreuses sollicitudes. Qu'en est-il ?

                 - Plein de sollicitudes : ça me dépasse.

                 - Jamais, on ne s'est renseigné sur ton compte à l'Office des ACVG ?

                  - J'ai eu la carte du combattant que j'ai demandée.

                 - Jamais tu n'as reçu un courrier spécial venant des A. C. ou de l'Armée pour t'informer que tu as droit à des avantages ?        - Rien du tout.

                 - Ta carte du combattant, tu l'as eue à titre tout à fait normal ? Nous avons demandé que vous ayez un statut comparable à celui des anciens prisonniers du Vietminh à cause du calvaire que vous avez vécu.

                 - As-tu conservé des rapports avec tes camarades prisonniers ?

                 - Oui, c'est plutôt eux qui nous ont tous retrouvés sauf deux qui sont morts depuis.

                   - As-tu autre chose à dire sur la façon dont vous avez été traités soit par les fells, soit par l'administration ou l'autorité ?

                 - Quand je suis rentré après ma libération, je n'avais pas fini mon temps légal. Après le mois de convalescence, je devais rejoindre l'armée, je me suis dit : "Je n'y retournerai pas" mais j'en connais qui y sont retournés. Je suis donc allé à l'hôpital de Golbey (ancien hôpital militaire). Je suis tombé par chance sur le major médecin qui était avec nous en Algérie. Il m'a accordé un mois supplémentaire.

                   - Est-ce que tout ceci figure sur ton livret ?

                   - II n'y a pas grand chose.

                   - Je vais te dire ce que vous avez, risqué. Les fells sont tombés dans une embuscade que nous leur    avions    tendue    le  15 décembre 1956 (4ème  RIC El Arrouch). C'était l'enfer, ça tirait de  partout. Alors j'entendis devant moi quelqu'un crier : "Nous sommes des prisonniers français, ne tirez, pas !". Nous avons continué à tirer : c'était là une ruse de guerre. Il n'y avait pas de prisonniers français parmi les morts.

                  - C'est comme nous quand on a passé la ligne avant le Maroc.

                   - Et les familles, elles ont dû souffrir aussi ?

                  - Ma mère a vieilli d'au moins 10 ans, le maire n'avait pas osé lui apprendre la nouvelle lui-même.                 - J'ajoute qu'un an plus tard, j'ai reçu une convocation :

 "Vous allez, accomplir une période militaire". C'était trop. J'ai retourné la convocation avec la mention : a déjà accompli une période de 12 mois comme prisonnier du FLN. Je, n'ai plus jamais entendu parler de période...".

                 Cette .indifférence totale, les prisonniers des Fellagha la vivent très mal.

         L'un d'eux a demandé pour ses camarades et lui-même une récompense, la Croix de la Valeur Militaire.

"Nous avions été faits prisonniers les armes à la main !         ". Aucune réponse ne lui a été faite..

. "Cette absence de lettre m'a personnellement beaucoup manqué... ".

 " Rien n'a été fait pour nos 146 camarades survivants de la captivité du FLN."             

Guy Huel a demandé à tous les hommes politiques d'intervenir en 1996

 Réponse du Ministre a un Député    

                                               Monsieur le député

                 Vous avez, bien voulu appeler de nouveau l'attention de mon prédécesseur sur  la situation des militaires français qui ont été capturés et détenus par le FLN en Algérie avant l'accès de ce pays à l'indépendance. Monsieur Huel, président de la section des Vosges de l'Union nationale des combattants, désire, en effet, voir cette catégorie d'anciens combattants bénéficier d'une reconnaissance officielle.

Plusieurs parlementaires des Vosges ont écrit à ce sujet.

   En l'absence de précision sur la nature et la portée de cette revendication ..........

                - soit comme une demande d’intégration des prisonniers du FLN dans le statut des victimes de la captivité en Algérie

                - soit comme une demande de création d'un statut spécifique.

   Quelle que soit l'hypothèse retenue, la reconnaissance de nouveaux avantages en faveur des militaires français prisonniers du FLN ne pourrait être envisagée, que dans la mesure où il serait établi que cette catégorie de victimes de guerre aurait subi des préjudices physiques et moraux particulièrement  graves et dont la réparation n’est pas assuré par la législation en vigueur.   Or, force est de constater que tel n'est pas le cas. En effet,  d'une part les éléments transmis par Monsieur Huel, à l'appui de son intervention, sont particulièrement lacunaires puisqu'ils se  limitent à un article de presse  relatif à la situation de Monsieur  Yvon Jacquet, daté du 23 février  1959 ; d'autre part, les informations contenues dans cet extrait de presse, loin de légitimer la  revendication de l'intervenant, mettent l’accent sur l’absence de sévices physiques et moraux durant la détention, en même temps que sur celle de privation de nourriture...................

 

 

Demande renouvelée au congrès de Rennes en 2003  par le Vice Président Victor Blanquart au Ministre des Anciens Combattants                 « sans réponse »

Ajoutée le 30 avr. 2016

Prisonniers du FLN pendant la guerre d'Algérie (1954-1962), quelques centaines de Français, civils et militaires, ont passé des semaines, des mois, voire des années entre les mains de l’adversaire. Pour les gouvernements français, s'agissant tout juste de rétablir l’ordre, il n’était pas question de voir dans les "événements d’Algérie" une guerre. Les soldats en captivité étaient donc considérés comme "disparus". Pour les combattants algériens, au contraire, il s’agissait de s’appuyer sur les conventions de Genève concernant les prisonniers de guerre pour se faire reconnaitre par la communauté internationale comme un Etat en gestation.

Oubliés de l'Histoire, les prisonniers du FLN sont restés dans l’ombre. Les anciens prisonniers qui ont survécu à l'épreuve (beaucoup d'entre eux sont morts lors de leur détention dans les maquis) n'ont que très peu parlé. Ils avaient vingt ans. Ils n'ont rien oublié. Ni la soumission, ni la faim, ni le froid, ni la peur, ni l'adversaire qu'ils ont eu tout le temps d'observer.

Leur épreuve, révélée par la longue enquête de l'historienne Raphaëlle Branche et du réalisateur Rémi Lainé, permet d'approcher d'une façon inédite et singulière ce que fut la guerre d’indépendance algérienne.

Un documentaire de Raphaëlle Branche et Rémi Lainé
Produit par Laurence Favreau
Une production Alegria productions, avec la participation de France 3

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Les 4 prisonniers  du 11 janvier 1958,  c'est  283 jours qu'ils ont passés avec la peur !

LA BATAILLE DU du 11 JANVIER 1958 AU DJEBEL OUASTA
LE BOMBARDEMENT DE SAKIET SIDI YOUCEF

Par Boualem TOUARIGT

La bataille du 11 janvier 1958 explique en grande partie, par ses conséquences politiques et diplomatiques, la riposte brutale de l’armée française par le bombardement de Sakiet Sidi Youssef. On l’appelle aussi la bataille de « djebel Ouasta ».
Des moudjahidine de l’ALN       Elle fut menée, selon le numéro 17 d’El Moudjahid daté du 1er février 1958 par le 3e bataillon de la base de l’Est, alors commandé par le capitaine Si Hamma. Elle fut préparée et dirigée par le commandant TAHER ZBIRI, ancien chef du 3e bataillon devenu membre du commandement de base de l’Est et chef historique de la wilaYA une -AURES NEMEMCHA-.. Celui-ci aurait décidé d’attaquer une garnison française avancée (dite « garnison 28 » et dénommée aujourd’hui village Djebar Amor) implantée entre la ligne Morice et la frontière. D’après lui, les combattants avaient été répartis en trois groupes commandés respectivement par MOUSSA HOUASNIA et ABDESLAM BAGHDOUCHEbde, HAMA LOULOU et BEN ALLALA, SALAH MSADI dit NEHRU et MUSTAPHA OUAHRANI. Le samedi 11 janvier, les soldats de l’ALN prirent position sur les crêtes du djebel Alahoum, à huit kilomètres de la frontière. Une embuscade avait été montée à un détachement qui sortait du cantonnement de Bordj Legouared. L’engagement fut violent et dura de 5 heures à 10 heures du matin. Les combattants de l’ALN décrochèrent avant l’entrée en action de l’aviation appelée en renfort. Ils avaient éliminé 42 soldats français du 23e régiment d’infanterie (la presse française reconnut 14 morts, et un blessé succomba à ses blessures) et emmené avec eux quatre prisonniers. L’Echo d’Alger du 13 janvier 1958 annonçait : « Une patrouille française attaquée par 400 fellaghas, 12 tués et 5 prisonniers. » Quelques jours plus tard, on retrouva le corps sans vie d’un soldat disparu, considéré au début comme ayant été fait prisonnier par l’ALN.
L’armée française rendit la Tunisie responsable

Le gouvernement français éleva une protestation auprès du gouvernement tunisien ptreprise de Georges Gorse, son ambassadeur à Tunis. Pour lui, l’armée tunisienne avait été impliquée.

Ensuite .........???????

ar l’eP p d f

L’Echo d’Alger du 13 janvier affirmait : « On aurait vu une camionnette bleue de la garde nationale tunisienne, une ambulance et trois autres camionnettes qui attendaient à la frontière. » Le quotidien qui exprimait la position des extrémistes de la population européenne d’Algérie publiait le 14 janvier un éditorial sous le titre « l’Abcès tunisien » dans lequel il rendait la Tunisie responsable de l’extension de l’activité de l’ALN : « C’est par dizaines de milliers que les armes en provenance du Caire et de Libye rejoignent les centres d’instruction tunisiens où sont entraînés et soigneusement équipés les fellaghas algériens… La France doit cesser de traiter avec un personnage qui ne contrôle plus les actes de ses subordonnés. » Le lendemain, il publiait un témoignage du capitaine Allard, officier parachutiste affecté à proximité de la frontière : « Certaines positions de tir se trouvaient en territoire tunisien… Le deuxième groupe a été visé par un mortier situé au-delà de la frontière et une section a été prise sous le feu d’un tir qui venait d’un piton tunisien, djebel Arben, et deux soldats français ont été vus, après l’embuscade traversant Sakiet Sidi Youssef à pied, les mains liées derrière le dos… Quant aux rebelles, après le décrochage, ils ont été ramenés par des véhicules de la garde nationale tunisienne. »
L’armée française, de plus en plus révoltée contre son gouvernement, demanda des mesures énergiques contre la Tunisie qu’elle accusait de soutien aux combattants de l’ALN. Son commandement avoua presque explicitement son opposition à l’indépendance de ce pays. Il demanda le recours à la manière forte pour garantir une victoire militaire qu’il estimait proche en Algérie, c’est-à-dire l’extension de la guerre à la Tunisie. Il n‘admettait pas les pertes subies le 11 janvier et voyait comme une humiliation la capture de 4 soldats par les combattants de l’ALN et leur emprisonnement sur le territoire algérien. On rendit responsable l’armée tunisienne. La presse française d’Algérie affirma que l’opération avait été menée avec l’appui des soldats tunisiens. Elle publia même des témoignages dans ce sens, cherchant à prouver l’implication de la garde nationale tunisienne qui aurait utilisé ses camionnettes pour transporter les combattants de l’ALN. Elle affirma même que des témoins oculaires auraient aperçu les prisonniers français dans le village de Sakiet Sidi Youssef.
L’amertume va être encore plus forte. L’Echo d’Alger rend compte dans son édition du 20 janvier 1958 d’un reportage du journal tunisien L’Action réalisé par un journaliste libyen. On apprend que l’accrochage s’était déroulé le 11 janvier entre les djebels « Ouasta » et « Alahoum » à quatre kilomètres de la frontière. Les quatre prisonniers ont été capturés dans une maison en ruines. Le journal affirme : « Ils ont été vus pour la dernière fois par notre confrère libyen vendredi à une heure du matin. Ils sont gardés derrière la ligne Morice et ils n’ont pas mis les pieds en Tunisie. »
Le FLN réussit un coup politique

Le FLN va exploiter son avantage en tentant un coup diplomatique. Il saisit officiellement le Comité international de la Croix Rouge à Genève lui affirmant qu’il était prêt à permettre un contact avec ses prisonniers. L’instance internationale accepte et désigne un représentant spécial, Jean de Preux. Celui-ci fera une déclaration à l’AFP le 20 janvier : « En l’état actuel des pourparlers, une solution positive pourrait être envisagée, mais il n’est pas encore possible d’en déterminer les modalités. J’espère que cette solution interviendra dans le courant de la semaine et, si tel est le cas, qu’elle favorisera les efforts déployés par le Comité international pour parvenir à un résultat positif. » Le correspondant de l’AFP précise que « le FLN se déclare prêt à fournir à M. de Preux toutes les facilités pour lui permettre d’entrer en contact avec les quatre prisonniers et de constater qu’ils sont traités selon les règles de la convention de Genève. » C’est dans la presse que le 1er février on apprend que « MM de Preux et Hoffmann de la Croix-Rouge internationale auraient rencontré les quatre prisonniers du FLN. » L’Echo d’Alger publie le 1er février une déclaration du porte-parole du FLN à Tunis (il s’agissait de Ahmed Boumendjel): « La délégation de la Croix-Rouge et son escorte ont franchi sans encombre la frontière algéro-tunisienne. »

Dans un communiqué du 4 février, le CICR confirme en effet que ses délégués ont visité le 30 janvier en territoire algérien, non loin de la frontière tunisienne, les quatre prisonniers. Ils ont confirmé l’identité des captifs, pris des photos et reçu des lettres envoyées par les prisonniers à leurs familles. Bien des années plus tard, un document officiel du CICR confirmera le caractère exceptionnel de cette visite : « Ce passage de la frontière par un délégué dans une semi-clandestinité constitue, à notre connaissance, un fait sans précédent dans l’histoire du CICR. Il s’explique vraisemblablement par les enjeux politiques d’alors et les positions opposées qui étaient celles des parties au conflit. » (L’action du CICR pendant la guerre d’Algérie par Françoise Perret, RICR, décembre 2004, vol.86, n°856).
Le FLN avait réussi un coup de force : il a prouvé que les prisonniers français étaient sur le territoire algérien et il a fait traverser sans encombre la frontière à une délégation officielle de la Croix-Rouge internationale qui a pu leur rendre visite. L’armée française vécut ce fait comme une profonde humiliation. Elle ne l’accepta pas et réclama des représailles violentes contre la Tunisie. Elle déclencha une riposte aveugle sans en référer au pouvoir politique.

Prisonniers 1

 

 

Commentaires (5)

1. marienoelyvonpriouforcelocale19mars1962 (site web) 04/12/2016


Les unités à cheval en Algérie, 1954-1962
https://rha.revues.org/1003

2. marienoelyvonpriouforcelocale19mars1962 (site web) 02/12/2016

Comme je te l'ai écris, il faut le N° du Régiment.
Aurais-tu eu un autre oncle qui aurait été en 1962 à l'Armée qui s'appelait Joly Sergent Chef 4ème BCP.
Cordialement
Yvon Priou

3. planté 30/11/2016

Bonjour .Je cherche des personnes anciens militaires ayant connu mon oncle Joly Maurice de Saint étienne les Remiremonts mort à vingt an en février 1959 en Algérie dans la foret des Hassainas .Il était militaire à cheval .Je ne sais pas dans quel régiment .Cordialement.

4. marienoelyvonpriouforcelocale19mars1962 (site web) 23/09/2016

Merci l'Ancien de ton message, je te réponds avec retard (pas de chargeur de batterie sur mon portable) j'ai l'adresse Mail de Jean Dziezuk .
J'aurais voulu en mettre plus sur lui, ( et les autres) mais je n'ais pas de réponse au dernier message( attendre cet hiver peut-être ?)
Je te constate par l'adresse mail .Encore Merci, sur 105 000 visiteurs. tu es le 62 ème qui m'e fait signe

5. chouquet guy 21/09/2016

j 'etais en afn en 1958 au 22/rta 10comp. j'ai vecu ces moments ???j'ai connu tous ces soldats .marchand,mercier,dubuis,cottin;j jean dziezuk .le sergent chef fournier .amitiees sinceres

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Date de dernière mise à jour : 02/06/2017

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